Retailleau accuse le gouvernement Lecornu d'être "l'otage des socialistes"

Crédit : Victor LOCHON/Gamma-Rapho via Getty Images
Le patron des Républicains Bruno Retailleau a accusé mardi le gouvernement de Sébastien Lecornu d'être "l'otage des socialistes", incitant immédiatement son prédécesseur Éric Ciotti, allié du RN, à lui tendre la main pour "poser les bases d’un renversement d'alliance à droite".
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Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi dans son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale qu'il proposerait une suspension de la réforme des retraites de 2023, ce qui a convaincu les socialistes de ne pas voter la censure dans les prochains jours, éloignant ainsi le risque d'une chute du gouvernement.

"Le cartel des démagogues qui ont toujours combattu la réforme des retraites, composé de la gauche et du Rassemblement national, fait prendre au gouvernement une direction qui nous entraîne droit dans le mur de la crise financière", déplore l'ancien ministre de l'Intérieur dans un communiqué.

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"Prix considérable"

"L'absence de toute mesure pour réduire l'immigration annonce, en creux, l'abandon d'une politique de fermeté que réclame pourtant une écrasante majorité de Français et que met en place la quasi-totalité des pays européens", a-t-il déploré.

"Pour éviter la censure, le gouvernement fait payer aux Français un prix considérable", a regretté le patron des Républicains dont les députés ne devraient pas voter la censure du gouvernement qui comprend six ministres issus de LR qui ont bravé la décision du parti de ne pas participer à l'exécutif. 

Pour sa part, l'eurodéputé François-Xavier Bellamy, vice-président de LR et proche de Bruno Retailleau, est allé plus loin dans une tribune publiée sur le site du Figaro dans laquelle il a appelé à voter la censure. 

"Je ne suis pas député à l’Assemblée nationale, mais si je l’étais aujourd’hui, je voterais pour la censure", a-t-il écrit.

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"Nous ne ferons pas partie des extrêmes"

À l'inverse, Laurent Wauquiez, le patron de la cinquantaine de députés de droite, a donné une consigne de vote inverse à son groupe, expliquant que si le gouvernement de Sébastien Lecornu venait à tomber il y aurait une "dissolution et pas de budget". 

"Nous ne ferons pas partie des extrêmes qui font tomber les Premiers ministres", a-t-il affirmé devant l'Assemblée, en contradiction avec la direction du parti.  

Pour sa part, l'ancien président de LR Éric Ciotti, qui a déploré lui aussi que Sébastien Lecornu soit "l'otage consentant des socialistes", a lancé un appel à Bruno Retailleau sur le réseau social X.

Le député des Alpes-Maritimes, qui a fait alliance avec le Rassemblement national l'an dernier, a proposé au patron des Républicains "une rencontre pour poser les bases d’un renversement d’alliance à droite avec le RN".

Plus tôt dans la journée, le président du RN Jordan Bardella avait jugé "impossible" une alliance avec Bruno Retaillau, estimant qu'il avait "choisi d'épouser l'intégralité des combats d’Emmanuel Macron et de se fondre dans le macronisme".

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