Née avec des taches de naissance sur 70 % de son corps, elle raconte

"C'est le regard des gens qui m'a toujours rappelé que j'étais différente." Julie est née avec des taches de naissance sur 70 % de son corps. Elle raconte.

70 % du corps de Julie est recouvert de taches de naissance

Née avec un corps recouvert de taches, Julie souhaite partager son expérience avec les internautes. Sur Instagram, elle prône l’acceptation de soi.

Julie est née avec des angiomes, des malformations vasculaires qui se manifestent sous forme de taches. Ces « taches de vin » recouvrent 70 % de son corps.

Enfant, elle a été victime de harcèlement scolaire à cause de sa particularité physique. À l’époque, elle n’a pas jugé nécessaire d’en parler à ses parents. « J’aurais peut-être dû leur en parler », estime-t-elle aujourd’hui.

Victime, puis meneuse

« On m'appelait l’Indienne, on faisait des danses autour de moi en, on me lançait du ketchup à la cantine », raconte Julie. Arrivée en classe de 3e, elle décide de changer : « J’étais devenue la fille qui avait la grande gueule, la déléguée même si je ne me présentais pas. »

Elle poursuit : « J’avais vraiment besoin d’être la meneuse, celle qui avait un fort caractère, celle qu'il fallait absolument avoir dans son groupe d’amis, celle qu’il fallait connaître pour ne pas qu’on parle de mes angiomes. J’essayais de me cacher derrière ce personnage-là. »

Le regard des autres

En 2004, elle se lance dans un tour du monde. Après sept ans de voyages, elle rentre en France. « Arrivée à Paris, tout le travail que j’avais fait sur moi, sur l’acceptation de moi, a dégringolé en une semaine. Je prends le métro, et là, une pluie de regards, des photos, des moqueries, des gens qui m'interpellent », se souvient Julie. Cette même année, en 2011, elle fait part à sa mère de son souhait de retirer ses angiomes.

Pourtant, elle les a toujours acceptés. Mais le regard des autres lui rappelle sa différence. Quelques semaines après son retour en France, un médecin lui explique qu’il serait difficile d’enlever ses taches. En effet, au vu de leur épaisseur ( 1 ou 2 millimètres selon l’endroit) il faudrait insister, à l’aide d’un laser, pour qu’elles disparaissent. Julie décide alors d’abandonner ce projet.

L’arrivée d’Instagram dans sa vie

Aujourd’hui, Julie utilise Instagram pour sensibiliser à l’acceptation de soi. Sur le réseau social, elle a notamment fait la rencontre de Juliette, une photographe. Ensemble, elles ont fait des photos,publiées sur le compte de Julie. L’artiste lui a appris à accepter qui elle est grâce à son travail.

Au début, Julie avait du mal avec ces clichés. Mais elle a fini par les accepter. « Je le dis très souvent à mes abonnés : c’est pas parce que je m’accepte à 100% que je m’accepte tous les jours. Il y a des jours où je ne me trouve pas jolie, et ça, c’est important que je le répète. »

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Brut.