Une vie : Spike Lee

Il sera le premier cinéaste noir à présider le jury du Festival de Cannes. Voici l'histoire du réalisateur Spike Lee, qui se bat depuis plus de 30 ans pour plus de diversité au cinéma.

Spike Lee, l’une des figures les plus engagées du cinéma

Il se bat depuis plus de 30 ans pour l’inclusivité au cinéma et les droits des Noirs : voici Spike Lee, réalisateur culte et militant.

Do the Right Thing, La 25ème heure, BlacKkKlansman… autant de titres de films cultes qui ont défrayé la chronique au cours des 30 dernières années. Tous sont réalisés par Shelton Jackson Lee, plus connu sous le nom de Spike Lee. Cette année, il sera la première personnalité noire  présidente du jury du Festival de Cannes.

Une des principales motivations de Spike Lee a été de représenter les Noirs à l’écran. « Ça me choquait de ne jamais voir des noirs s’embrasser à l’écran. Ils ne faisaient jamais l’amour ! », expliquait-il en 1991. Spike Lee naît en 1957 à Atlanta. Dès son plus jeune âge, sa mère, une professeure, l’initie à l’art et à la littérature africaine-américaine.

« J’étais uniquement là pour remplir un quota ! »

   À 25 ans, il entre à l’école de cinéma de l’Université de New York grâce à l’argent économisé par sa grand-mère. « Je pensais me trouver à ma place. Mais on me regardait comme si j’étais uniquement là pour remplir un quota ! » rageait-il en 1991. En 1986, son premier long métrage Nola Darling n’en fait qu’à sa tête remporte le Prix de la Jeunesse de la Quinzaine des réalisateurs.    À 32 ans, son troisième long métrage, Do the Right Thing, met en scène les violences policières contre la communauté noire dans le New York des années 80. À 35 ans, il sort un biopic de l’activiste controversé Malcolm X. En 1993, il épouse la productrice engagée pour les droits des femmes Tonya Lewis. Ensemble, ils auront deux enfants. 

« Bush et les Républicains n’ont rien à faire des gens pauvres »

  En 2006, Spike Lee réalise un documentaire dans les ruines de la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina.  « Bush et les Républicains n’ont rien à faire des gens pauvres. Et selon moi, l’autre histoire que raconte Katrina, c’est que beaucoup de personnes blanches ont réalisé qu’il ne se préoccupe pas d’eux non plus. Il n’en a rien à faire des personnes blanches pauvres » analysait-il en 2006.    En 2015, il organise à New York une marche contre les armes à feu, qu’il combat depuis de nombreuses années. « Nous devons nous sortir de la tyrannie de la NRA et des fabricants d’armes. C’est ce vers quoi nous devons aller. Et ne pas voter pour des politiciens qui acceptent de l’argent de leur part. »

Il boycotte les Oscars

  À 58 ans, il refuse de se rendre à la cérémonie des Oscars pour protester contre l’absence de réalisateurs et d’acteurs noirs dans les nominations. Il milite également pour l’instauration de quotas.  « Si nous n’avions pas fait tout ce raffut, je pense que l’Académie n’aurait pas fait ces changements », affirme-t-il.   En 2018, dans son film BlacKkKlansman, il raconte l’histoire vraie d’un policier noir infiltré dans le Ku Klux Klan… « Nous avons voulu faire une connexion entre un film sur une époque précise, le début des années 1970, avec ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde. C’était ça, notre boulot, en tant que raconteurs d’histoires, de faire cette connexion pour le public. Trop de gens sont restés silencieux sur ce qu’il se passe, et j’espère que ce film, BlacKkKlansman créera davantage de conversations sur ce qu’il se passe dans ce pays. »

Si certains critiquent un scénario trop politiquement correct, le film lui permet de remporter  le Grand Prix du Festival de Cannes et son premier Oscar pour le Meilleur scénario adapté.  

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Brut.
14 janvier 2020 20:13