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Covid-19 : 7 questions très simples sur la 2e vague

7 questions très simples sur la deuxième vague de l'épidémie.

Sept questions très simples sur la deuxième vague

La France est en train de vivre sa deuxième vague épidémique du Covid-19. Samuel Alizon, directeur de recherche au CRNS, répond à sept questions pour Brut.

La seconde vague était-elle prévisible ?

Depuis le début du mois de septembre, l’épidémie connaît une croissance exponentielle. « On pouvait dire que si rien ne changeait, on allait vers une saturation des services de réanimation en novembre », affirme Samuel Alizon, directeur de recherche au CRNS. Selon lui, des mesures auraient pu être prises plus tôt. 

Quand la seconde vague a-t-elle débuté ? 

La seconde vague a débuté durant le mois de juillet, selon les estimations du professionnel. Il ajoute : « En février/mars, l’épidémie doublait en taille tous les trois jours. C’est-à-dire que tous les trois jours, vous passiez de 100 personnes infectées à 200, etc. C’est une croissance exponentielle. C’est-à-dire que vous pouvez passer comme ça en trois jours de 100.000 à 200.000 personnes infectées. Et là, ces deux dernières semaines, ça s’est accéléré. L’épidémie double en taille à peu près tous les 10 jours. »

Le confinement et le port du masque n’ont servi à rien ?

Des progrès ont été faits grâce à ces mesures. En effet, l’épidémie a diminué. Toutefois, il y a eu du relâchement, notamment sur les déplacements. Ils n’étaient plus limités. L’abandon du télétravail y est aussi pour quelque chose. Quant au dispositif de dépistage, il a perdu en efficacité pour deux raisons. Tout d’abord, les laboratoires étaient saturés car il n’y avait aucune condition épidémiologique imposée pour se faire dépister.

Deuxièmement, « plus vous avez de personnes infectées, plus la stratégie de dépistage et d’isolation des contacts fonctionne mal » , explique Samuel Alizon. Il poursuit : « Si vous avez 1.000 nouvelles infections par jour, vous pouvez suivre ces personnes et essayer de trouver leurs contacts. Quand vous avez 70.000 nouvelles infections par jour, cette stratégie marche beaucoup moins bien. » 

Quelle est la virulence du virus aujourd’hui ?  

Aujourd’hui, le nombre de reproductions est de l’ordre de 1,2, ou 1,3. Cela signifie que 10 personnes en infectent 13 en moyenne. 

Pourquoi ne cherche-t-on pas à atteindre l’immunité collective ?

D'après Samuel Alizon, c’est une mauvaise idée pour trois raisons. Premièrement, il y aurait au moins 10.000 décès en France avec une vague épidémique. Ensuite, les populations fragiles seront inévitablement touchées. Enfin, il y a encore des inconnues quant à la durée de l’immunité naturelle. « On sait qu’elle dure au moins quelques mois, mais à l’échelle d’années, on n’a pas le recul », développe-t-il.

Devons-nous nous attendre à un nouveau pic épidémique ?

« On est dans une seconde vague et par définition, il y aura à un moment un pic épidémique », résume Samuel Alizon. L’enjeu est que ce pic épidémique arrive le plus tôt possible. Cela voudrait dire que l’épidémie est contrôlée. En revanche, plus le pic épidémique est tardif, plus la catastrophe sanitaire est imminente. 

Pourquoi n’arrivons-nous pas à prendre le dessus sur la maladie ?

Tout d’abord parce que les citoyens, comme les scientifiques et les professionnels de la santé, ne voient pas immédiatement les effets des mesures prises. « Si vous confinez l’ensemble de la population aujourd’hui, vous allez empêcher les infections à partir d’aujourd’hui, mais vous n’en verrez pas le résultat avant 10 à 18 jours pour les admissions en réanimation », explique Samuel Alizon. Les cas d’admissions en réanimation observées aujourd’hui concernent des personnes infectées il y a 10 à 18 jours. 

Peut-il y avoir d’autres vagues épidémiques ?

« C’est tout à fait possible qu’il y ait d’autres vagues épidémiques », assure le directeur de recherche du CRNS. Pour prévenir d’autres vagues, il faudrait une immunisation naturelle, un vaccin ou un contrôle réussi de l’épidémie. Selon Samuel Alizon, ce n’est d’ailleurs pas impossible. Le Japon, le Vietnam et la Nouvelle-Zélande l’ont fait. Néanmoins, cela nécessite un contrôle très strict.

Combien de temps ça va encore durer ?

« Aujourd’hui, quelqu’un qui vous dirait le Covid-19 ne sera plus un problème dans un an, dans deux ans, dans trois ans, ce serait un escroc. ll y a trop d’inconnues. » En effet, on ignore, à ce jour, combien de temps cette épidémie va durer. De nombreuses questions se posent encore, même pour les scientifiques.

30/10/2020 07:32
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610 commentaires

  • Bénédicte C.
    06/11/2020 12:19

    ça pour moi c'est qqn de fiable, de humble, qui ne fait pas de déclarations fracassantes, qui a le sens de la mesure. C'est ce genre de personne que j'ai envie d'écouter, qui permet d'y voir plus clair.

  • Lydie T.
    06/11/2020 05:49

    La Peur encore et encore...

  • Lydie T.
    06/11/2020 05:48

    Si le gvt voudrait 'soigner' il diffuserait la chloriquine à tous les mèdecins pour soigner les malades ! De multiples lits st dispo dans les cliniques privées et il ne les réquisitionne pas alors qu'on est sensé 'être en guerre!' Ouvrez les yeux !

  • Lydie T.
    06/11/2020 05:45

    Toujours le Rêgne de la PEUR pour diminuer nos féfenses immunitaires,et nous rendre plus vulnérable à tous les microbes de l'automne ! 'Qui devient Maitre de vos Peur, devient Maitre de votre Ame!' Machiavel

  • Nory M.
    06/11/2020 04:33

    Vous avez dit 2ème vague?? Regardez plutôt et réveillez vous: https://www.facebook.com/100011176569152/posts/1193108157738392/

  • Lorentdela C.
    06/11/2020 00:30

    Mascarade ...

  • Charles G.
    05/11/2020 19:18

    À la place de regarder les vagues démolir la grève du corps médical si on laissait les médecins traitants utiliser le médicament de Raoult tant décrié par Mme buzin au tout début des symptômes ça donnerait peut être d'autres résultats ?

  • Yanick S.
    05/11/2020 16:13

    Stop aux mensonges

  • Céline M.
    05/11/2020 11:54

    Il est payé combien lui pour raconter tout ça ????? Ras le bol de toute cette mascarade.

  • Jean-pierre B.
    05/11/2020 11:29

    GINIOLE SA VA PRATIR EN COUILLES BANDES DE MENTEURS

  • Pierre I.
    05/11/2020 05:48

    Mais si les malades étaient traités avec le protocole de Raoult ils n'iraient pas en réa.

  • Jacques G.
    05/11/2020 01:59

    - confinements alternatifs jusqu'à atteindre l'immunité collective. - immunité collective inenvisageable. Quand on réunit ces deux affirmations, ça donne: Sortie définitive du confinement inenvisageable. Version officielle : Confinement pendant deux semaines renouvelables, au cas où. Les antivax doivent kiffer leur appartement.

  • Laurent M.
    04/11/2020 18:18

    L’objectif n’a jamais été zéro cas mais toujours aplatir la courbe inexorable. Aplatissons ensemble.

  • Djo L.
    04/11/2020 12:56

    Monde de tarés

  • Djo L.
    04/11/2020 12:56

    Vas comprendre... Au Maroc une vieille femme s'est faite agressé par des délinquants qui voulait la détrousser, blessé srs enfants l'emmène à l'hôpital elle meurt pendant le trajet, l'hôpital demande aux enfants de venir signer la fiche morte du Covid19... Vas comprendre

  • Djo L.
    04/11/2020 12:53

    Un médecin je sais plus lequel a dit à la tv qu'il mettait en Covid19 des personnes qui présentent des symptôme de rhino pharyngite

  • Djo L.
    04/11/2020 12:51

    Le prof Raoult a dit à la tv qu'il n'a jamais vue de 2 ème vague de sras, il avait vraiment l'air très circonspect !

  • Guy B.
    04/11/2020 11:05

    Beaucoup d'affirmations discutables; par exemple on n'est pas avec le même virus qu'en mars dernier c'est le variant 4 aujourd'hui. Cela impliquerait un nouveau vaccin à chaque vague épidémique ce qui est compliqué à mettre en oeuvre.

  • Matthieu T.
    04/11/2020 09:58

    Mais faites le taire , qui te paye pour délivrer pareil message . Ah les blouses blanches , le CNRS, mais t'sais même pas d'quoi tu parles . "On s'est relâché" mais quelle inconsistante. On le sait , que c'est une mascarade le bordel. Ne nous prenez pas pour des cons .

  • Denis T.
    04/11/2020 09:16

    Donc si bien bien compris, on nous predit un totalitarisme sanitaire et une restriction des libertés individuelles pour encore longtemps ! Tocqueville avait annoncé l'avènement d'une forme de despotisme doux, plus insidieux et plus sournois que le despotisme violent et brutal des rois despotes d'autrefois : je crois qu'on y arrivé aujourd'hui, et c'est pour des raisons sanitaires et "le souci de la santé du plus grand nombre" qu'on y arrive, en justifiant la privation de libertés du plus grand nombre au nom de l'état de santé précaire d'une minorité relativement intime de la population, puisque le nombre de personnes en réanimation ne se chiffre et ne se chiffrera tout du plus qu'à quelques milliers. Bel enseignement des dérives des Etats démocratiques modernes...

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