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Gabrielle se bat contre la grossophobie

"Au travail, j'avais des remarques : 'Ah mais Gabrielle, elle aura jamais de problèmes de retraite, elle crèvera dans sa graisse avant.'" Gabrielle fait 125 kilos. Elle raconte. "On achève bien les gros", le documentaire de Gabrielle Deydier, sera diffusé le mercredi 17 juin à 22h50 sur ARTE.

« On achève bien les gros », le documentaire coup de poing sur la grossophobie

Gabrielle Deydier fait 125 kg pour 1,54 m. Depuis l’adolescence, elle est victime de brimades traumatisantes et de discriminations. Le quotidien des « gros », elle a décidé de le documenter.

« Je fais 125 kilos, ça me regarde. Je le vis comme je le vis. Je ne prône pas ça comme un mode de vie. Ce n’est pas un mode de vie. Être gros, être obèse, ce n’est certainement pas quelque chose que je souhaite à qui que ce soit », assure Gabrielle Deydier, autrice et réalisatrice. Son documentaire, On achève bien les gros, est disponible sur le site d’Arte dès le 3 juin.

Un mauvais diagnostic

Tout a commencé quand Gabrielle avait 16 ans. À l’époque, elle n’a qu’un léger surpoids, et elle est très sportive. « J’étais très musclée, assez massive et petite. Donc un peu trapue, et je complexais à propos de ça », se souvient-elle. Avec l’arrivée de la puberté, Gabrielle complexe de plus en plus, et prend une taille de jean. « J’ai acheté un jean en taille 42, et ça a été le début de ces angoisses de passer du 42 au 44, du 44 au 48, et du 48 au 52. » Elle finit par aller voir un médecin.

Celui-ci lui annonce alors qu’elle a entre 15 et 20 kg à perdre, et lui fait un bilan hormonal. Mais son diagnostic est erroné. « Il m’a diagnostiqué une maladie de la glande surrénale. Il se trouve que sept ans et sept endocrinologues plus tard, on a découvert qu’en réalité, j’avais un syndrome d’ovaires polykystiques », constate amèrement Gabrielle.

Des traitements hormonaux inadaptés

S’ensuivent alors des années d’errance diagnostique, pendant lesquelles les traitements hormonaux font encore grossir Gabrielle. « Le premier m’a fait prendre 28 kilos en trois mois. En parallèle, il a fallu perdre ces 28 kilos et les 15 à 20 kilos qu’il estimait que j’avais en trop », détaille la jeune femme. Là, tout part en vrille.

Car les régimes finissent par entraîner des crises d’hyperphagie, des moments où Gabrielle se met à manger en très grande quantité en très peu de temps. « Ce n’est pas mû par la faim, ni par la gourmandise. C’est vraiment quelque chose de compulsif : on mange comme on pourrait taper quelqu’un. » Gabrielle compare alors son rapport à la nourriture à un comportement autodestructeur : « Ces crises-là, je peux les comparer à des crises de scarification. Le but, c’était de me retrouver dans des états semi-comateux, c’était d’oublier que j’avais mal. »

Un combat contre la grossophobie

Aujourd’hui, Gabrielle se bat contre la grossophobie et les discriminations liées à l’obésité. « Il y a 17 % des Français qui sont obèses. À partir de quel moment une partie de la population doit être discriminée ? Est-ce que ça vous semble normal que ces gens-là ne soient pas représentés ? » s’interroge-t-elle.

D’autant que l’obésité est une maladie multifactorielle, et en aucun cas la conséquence d’un manque de volonté, comme beaucoup peuvent le penser. « Il y a à la fois un terrain génétique, un terrain familial, un terrain d’éducation, mais aussi un terrain économique, un terrain environnemental. On ne devient pas obèse par hasard », résume Gabrielle.

« Un recruteur m’a dit que le QI était inversement proportionnel à l’indice de masse corporelle »

Dans de nombreuses situations, Gabrielle a dû faire face à ces discriminations et à ces clichés liés à l’obésité. Notamment lors de ses entretiens d’embauche. « Un recruteur m’a dit que le QI était inversement proportionnel à l’indice de masse corporelle. Donc il sous-entendait que plus on était gros, plus on était débile », se souvient-elle.

La jeune femme assure que pas une seule fois, elle n’a pas été maltraitée durant l’exercice d’un emploi. Même par ses collègues au même rang hiérarchique. « Il y avait des débats sur les retraites, j’avais des remarques qui étaient : "Ah mais Gabrielle, elle n’aura jamais de problèmes de retraite, elle crèvera dans sa graisse avant." »

« Il est urgent que les gros se montrent »

Conséquence directe de ces brimades et humiliations quotidiennes : la peur de se montrer pour les personnes obèses ou en surpoids. « Je connais des gens qui mettent des pulls en été parce qu’ils ont peur qu’on leur dise que leurs bras sont trop gros », assure Gabrielle. Elle-même a grandi dans le sud de la France, près de la mer et des rivières, mais elle s’est longtemps privée de se baigner. « T’as peur qu’on te dise que t’as de grosses cuisses, que t’es dégueulasse, qu’on fasse référence au film “Sauvez Willy“… »

Mais aujourd’hui, Gabrielle a réussi, à force de courage et d’acceptation de soi, à passer outre ces discriminations. Et elle espère que son documentaire donnera la force à d’autres « gros » de faire de même. « Personne ne mérite de se faire du mal, personne ne mérite de vivre reclus. Je pense qu’il est urgent que les gros se montrent, qu’ils mettent des débardeurs, qu’ils mettent des shorts, qu’ils se promènent à poil s’ils veulent. »

04/06/2020 06:33
  • 5.4m
  • 4.1k

2286 commentaires

  • Alexandra M.
    12 heures

    C est triste ce que raconte cette femme il y a quelques mois en arrière j étais dans cette situation j étais obèse et j ai réussi à perdre 36 kilos alors que je n était pas sportive j étais sédentaire et je mangeais trop si j ai pu y arriver elle peut aussi perdre tout le poids qui lui gâche la vie

  • Joelle D.
    un jour

    J ai vu le documentaire sur Arte et malgré les méchancetés et moqueries quelle force vous dégagez et belle leçon de vie😍🙏

  • Kuya H.
    2 jours

    que des excuses bidons! cessez d’aller au mcdo, mangez sainement et faites du sport je suis passé par là, du 108kilos à 67 kilos maintenant en espace de deux ans

  • Ysland I.
    2 jours

    https://youtu.be/0NlhG6P5fFg

  • Virginie F.
    3 jours

    Ca me fout hors de moi!

  • Monique D.
    3 jours

    Bravo pour votre courage, parler de l'obésité de nos jours reste encore un sujet tabou, alors que bien souvent cet état est le résultat d'une maladie, d'un mal être... Les régimes draconiens sont dangereux, il vaudrait mieux une bonne prise en charge médicale et psychologique et surtout l'empathie de l'entourage familial et professionnel pour aider la personne souffrant de ce handicap...

  • Helene C.
    3 jours

    Madame ceux qui bavent ce sont des gens qui ont un QI vraiment insignifiant courage💐🌹

  • Franck C.
    3 jours

    Courage madame, total respect ✊

  • Dominique G.
    3 jours

    Bravo ! Quel courage ! Merci pour ce beau témoignage. Nous vivons trop dans une société où le paraître et plus important que l’individu lui même. La lutte contre la discrimination ne se limite pas uniquement à une couleur de peau.

  • Sandrine C.
    3 jours

    Sa tu a bien raison s'il tu et grosse tes de la merde comme tu rentre pas dans un 36 et que tu et pas blonde et ses la nouvelle société bravo de le dire et moi je suis ronde et bien dans ma tête je vie pas pour les gens

  • Zainea P.
    4 jours

    Courage madame !Vous etes une belle femme !Bon chance! !🌹🌹🌹🌹🌹🙏

  • Chloe G.
    4 jours

    Bravo,c'est très courageux de votre part et cette video mérite d'ètre diffusée au monde entier. Je suis orifiée d'entre dire que l'obésité rend débile ! C'est n'importe quoi. Je pense que l'obésité doit etre expliqué aux jeunes car ils sont souvent ignorant de la réalité et trop souvent horriblement méchant. Donc encore une fois bravo Madame😉

  • Saida Z.
    4 jours

    C est terrible

  • Firmin T.
    4 jours

    Rien de telles de vivre heureux. Soit forte et enjoyeux vous merci.

  • Marie L.
    5 jours

    Pas de nouvelle d Sos racisme

  • Christine T.
    5 jours

    Pgt. Picarde

  • Samia F.
    5 jours

    Vous avez parfaitement raison de vous laisser vivre, vous avez été victime d'une erreur médicale des années durant, on vous a fait perdre tous vos repères pour quelques chose qui n'existe même pas ! Soyez vous même avec vos kilos de trop, les perdre ne changera pas celle que vous êtes de l'intérieur, vous êtes magnifique et croyez moi les kilos vont et viennent mais l'apparence n'est pas l'être !! Vous les perdrez quand vous ne leurs accorderez plus d'importance, quand vous aurez retrouvé la sérénité et c'est ce que je vous souhaite, vivez votre vie, les idiots il yen aura sur tout votre parcours, apprenez à les réduire et à les ignorer 😉🍀

  • Emilie A.
    5 jours

    Je suis bien d'accord avec elle, elle a raison de se battre, c'est aussi grave que le racisme pour moi...j'ai été grosse enfant tapée moquée et à l'adolescence j'avais minci juste des formes de femmes et on a continué à me traiter de grosse... J'ai commencé des régimes j'avais 14 ans... A 37 ans je me bagarre toujours avec mon poids... Cette je suis de nature à prendre, j'ai la nourriture émotionnelle... Mais j'ai compris qu'il fallait arrêter de faire souffrir mon corps... Et quand on est gros on souffre il ne faut pas croire qu'on s'aime même si on est relativement épanouie....bref ne jugez pas...sans connaître sans savoir...

  • Grace D.
    5 jours

    vient voir

  • Claire P.
    5 jours

    Tellement juste...

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