Gestion de la crise du coronavirus : France vs Corée du Sud

Gestion de la crise du coronavirus : France vs Corée du Sud

Coronavirus : France VS Corée du Sud

Les deux pays n’ont pas du tout géré l’épidémie de la même manière. Décryptage.

En termes de décès, de lits d’hôpitaux comme de tests disponibles, France et Corée du Sud n’ont pas évolué au même rythme. Retour sur plusieurs semaines de gestion de crise.

Les chiffres

Le 20 janvier, le premier cas de Covid-19 est découvert en Corée du Sud. Quatre jours plus tard, les deux premiers cas de Covid-19 sont découverts en France. Trois mois plus tard, la Corée du Sud recense officiellement 244 décès. La France plus de 23.000, soit environ 100 fois plus.

Les tests

La Corée du Sud a de l’expérience en termes de gestion de crise sanitaire : en 2015, elle a déjà dû faire face à l’épidémie de Mers. Aussi, dès le 27 janvier 2020, les autorités coréennes demandent-elles aux entreprises pharmaceutiques de développer des tests en masse. Le 7 février, les tests sont prêts à l’emploi, alors que la Corée ne compte encore que quelques cas. Les tests sont notamment effectués via des cabines téléphoniques et des drives.

En France, le premier « drive-test » a vu le jour en Essonne le 20 mars, soit plus d’un mois et demi après la Corée du Sud. D’autres ont été installés ailleurs en France depuis début avril. Toutefois, seules les personnes prioritaires munies d’une ordonnance peuvent se faire tester.

En Corée du Sud, les autorités ont rapidement ouvert 600 centres de test à travers le pays. Le 17 mars, plus de 270.000 personnes avaient déjà été testées. En France, 100.000 tests ont été réalisés au 24 mars. Les capacités de tests devraient augmenter d’ici au 11 mai, avec un objectif de plus de 500.000 tests par semaine.

Le traçage numérique

Dès le 11 février, la Corée du Sud lance Corona 100m, une application qui informe la population des cas détectés dans un rayon de 100 mètres. En France, la mise en place d’une application similaire est seulement à l’étude. Baptisée StopCovid, l’application est basée sur la technologie Bluetooth et devrait garantir l'anonymat numérique.

Pour repérer les personnes susceptibles d’être infectées, les autorités coréennes utilisent les données des téléphones portables, des caméras de surveillance et des cartes de crédits. Les déplacements d’un individu testé positif sont reconstitués en seulement 10 minutes. Les personnes à proximité reçoivent alors une alerte sur leur téléphone.

Le confinement

Dans la journée du 22 février, la Corée du Sud enregistre un doublement du nombre de personnes infectées. La grande majorité dans la ville de Daegu, où le virus s’est propagé à la suite d’une cérémonie religieuse. Le gouvernement coréen adopte alors des mesures de confinement pour cette ville de 2,5 millions d’habitants.

Les personnes infectées sont isolées et la pandémie contrôlée. Depuis le 20 avril, salles de sports, lieux de culte et instituts de cours privés ont rouvert à condition de respecter les gestes barrières. Les musées et les écoles restent cependant fermés.

En France, un confinement plus strict est en vigueur depuis le 17 mars et devrait se prolonger sous sa forme actuelle au moins jusqu’au 11 mai. Alors que le second tour des élections municipales a été reporté pour une durée indéterminée, les élections législatives coréennes ont pu se tenir le 15 avril.

La situation dans les hôpitaux

La Corée du Sud compte 11,5 lits d'hôpitaux pour 1.000 habitants selon l’OCDE. De son côté, la France compte 6,1 lits pour 1.000 habitants. Montrée en exemple par l'Organisation mondiale de la santé, la Corée du Sud est passée, le dimanche 19 avril, sous la barre des 10 contaminations quotidiennes pour la première fois depuis deux mois.

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Brut.