La tendance de l'acné positive : l’assumer sur les réseaux

Ils décident d’assumer leur acné sur les réseaux sociaux. C’est la tendance de l’acné positive. Cette dermatologue explique ses bénéfices.

1/ Qui est touché par l’acné ?

Selon Dermato Drey, dermatologue, 80% des gens sont concernés par l’acné dans leur vie. “On entend souvent que “l’acné, c’est un truc de gens sales. C’est : “Tu as des boutons. Va laver ton visage, ça ira mieux.”

C’est pas vrai, c’est pas le cas ; c’est pas du tout un problème d’hygiène. Et je trouve ça stigmatisant pour les patients, justement, de faire croire à cette rumeur-là” explique la médecin.

Cause, solutions pour les faire disparaître… Voici 7 questions très simples sur les cernes à une dermatologue, qui sont même devenues pour certains un critère de beauté.

2/ Qu’est-ce que l’acné positive ?

Dermato Drey : “C’est un phénomène assez récent. Cela fait 2-3 ans que “l’acne positivity” a commencé à se développer. Je pense qu’elle est parallèle au mouvement de “body positivity”, “body positivism” qui concernent d’autres complexes liés à la peau ou au corps.”

3/ Qui sont les influenceurs de l’acné positive ?

“Alors, je ne saurais pas dire quelle a été la première influenceuse de “l’acne positivity” mais c’est un mouvement qui s’est développé surtout aux Etats-unis parce que là-bas, l’acné est souvent très sévère, du fait de l’alimentation et du fait de l’accès aux soins en consultation dermatologique, un peu plus restreint aussi.

Mais finalement, c’est un mouvement qui se développe dans toutes les cultures occidentales. On peut citer Cotty concha, qui était une des premières, peut-être, à afficher son acné démaquillée.

Et puis il y a aussi The Blemish Queen, Its just acne… Il y en a vraiment plusieurs qui prouvent qu’on peut avoir du charme et avoir de l’acné.”

4/ En tant que dermatologue, encouragez-vous vos patients à accepter leur acné ?

“Oui, parce qu’en tant que dermatologue, notre rôle est double.

D’une part, proposer des solutions pour minimiser l’acné. Et d’autre part, aider les patients à mieux s’accepter pour moins souffrir de leur acné. L’acné n’est pas une maladie grave qui met en jeu le pronostic vital donc on ne prend pas de risques pour sa santé à ne pas traiter son acné.

Le seul problème, c’est que l’acné peut constituer des cicatrices à long terme. Donc on a plutôt intérêt à se traiter pour ne pas regretter plus tard.”

Retrouvez la vidéo de ces jeunes qui ont décidé d’assumer leur acné sur Instagram. Ils ont choisi l’acceptation de leurs imperfections.

5/ Quelle est la cause de l’acné ?

“Il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu et qui peuvent s’additionner.

D’abord, la génétique. Si vos deux parents ont eu de l’acné sévère, autant vous dire que c’est mal parti pour vous. Le tabac compte aussi.

Pour les femmes, les variations hormonales donc le syndrome pré-menstruel, l'hyperandrogénie qui est une pathologie ou les androgènes sont plutôt favorisés. Certaines pilules, la grossesse… Toutes ces variations peuvent favoriser l’acné.

Et puis, il y a aussi des facteurs environnementaux comme l’alimentation, l’exposition au soleil. Et ça, on peut jouer là-dessus.”

6/ Quelles sont les mauvais comportements à proscrire ?

“Il y a 4 écueils à éviter. D’abord, rester cantonné et enfermé dans le stade des cosmétiques. Les cosmétiques, c’est très bien ; ça peut aider certaines acnés légères. Mais on a d’autres outils. Donc, il y a des gens qui vont se ruiner en achetant tous les cosmétiques, toutes les publicités miracles et malheureusement, après, ils sont un peu désespérés.

Le deuxième écueil à éviter, c’est ce qu’on appelle la dermatillomanie. Ça consiste à gratter, presser, tous les points noirs, tous les boutons, toutes les petites croûtes qu’on va trouver. Et ça retentit beaucoup sur la qualité de vie.

Ensuite, le risque de l’acné, c’est aussi le syndrome dépressif, de se dire : “de toute façon, j’ai des boutons, je suis moche ; ma vie est nulle.” Et finalement, on s’enferme dans des pensées de rumination comme ça.

Et le quatrième problème, c’est quand il y a une mauvaise discussion avec son médecin et que finalement, on refuse des traitements qui pourraient être très importants, très intéressants pour soigner son acné. Je pense notamment à l'isotrétinoïne qui souffre d’une mauvaise réputation alors que c’est un médicament prescrit depuis 40 ans qui, on est d’accord, est délicat à gérer mais qui donne de bons résultats.

L’isotrétinoïne, c’est ce qu’on appelait autrefois, le roaccutane. Il existe encore sous le nom de roaccutane dans d’autres pays mais en France, ça fait plus de 20 ans que la marque roaccutane n’existe plus.”

7/ Est-ce que le dentifrice ou le citron contre l’acné, ça marche ?

Astuces de grand-mère, produits, maquillage… Sur internet, de nombreux conseils fleurissent pour soit-disant faire disparaître les problèmes d’acné. La dermatologue met en garde contre ceux-là.

“Il y a beaucoup de choses qui circulent sur internet qui sont soit inutiles, soit dangereuses. Je pense notamment à mettre du dentifrice sur les boutons.

Le dentifrice, c’est du savon, du menthol ; ça n’aide pas et cela ne peut que faire des brûlures.

Pareil pour le jus de citron, ça contient de l’acide citrique donc quelque chose qui va faire un peeling, qui peut favoriser des tâches après. C’est pas une bonne solution.”

8/ Quels conseils pour mieux accepter son acné ?

”Y’a plein de moyens de mieux accepter son acné.

D’abord réaliser que la peau parfaite n’existe pas. Toutes les photos que vous voyez sur les réseaux sociaux, elles sont maquillées, mises en lumière, retouchées, filtrées… Donc, l’influenceuse que vous admirez avec sa peau soit-disant parfaite, en fait, elle a sûrement une moins jolie peau que vous avec vos pores dilatés et vos trois boutons.

Et puis, deuxièmement, on peut réaliser qu’une acné légère, c’est une réaction normale de la peau. Les glandes sébacées qui fabriquent le sébum, la graisse de la peau, servent à évacuer des toxines.

Et pour se défendre contre les bactéries qui sont présentes sur la surface de la peau, on a besoin de faire quelques boutons aussi. Donc, tant que l’acné n’est pas trop importante et qu’elle ne réalise pas un complexe majeur, ce n’est pas très grave.”

Découvrez le témoignage de Mattea, 16 ans, qui souffre d’acné sévère. Sur TikTok, dans chaque publication, la jeune fille se livre sur son quotidien sans maquillage au naturel.

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Brut.
28 mars 2022 06:24