À Beyrouth, le logement de Rose ravagé par les explosions

"Ils sont absents. Chacun est dans son château." Ça, c'est le logement de Rose et de sa famille. Situé à quelques mètres du port de Beyrouth, il a été ravagé. Si elle peut compter sur l'aide d'autres citoyens, elle déplore l'inaction de l'État face à ce drame…

Liban : après l’explosion, Rose a perdu sa maison

Rose et sa famille habitaient à quelques mètres du port où a eu lieu la double explosion, à Beyrouth. Comme 300.000 autres personnes, ils n’ont plus d’endroit où vivre.

Rose et sa famille habitent à quelques mètres du port de à Beyrouth, où a eu lieu la double explosion le 4 août. Son logement a été complètement détruit. « Après trois jours, je croyais que le trauma allait diminuer avec le temps, mais ça s’agrandit à chaque fois que je vois un jouet de mes enfants cassé, un souvenir de nos voyages, la Tour Eiffel qu’on a rapportée de France qui s’est cassée. C’était un souvenir pour nous et pour les enfants. C’est très grave. Je ne sais pas où, je ne sais pas comment on va rétablir notre vie. C’est très difficile », constate Rose.

Tout racheter est impensable : le dollar est à 10.000 livres libanaises

Comme elle, ils sont 300.000 Libanais à ne plus avoir d’endroit où vivre. « La fenêtre est totalement détruite et les armoires, le lit de mon enfant est cassé… Toutes les boxes des jeux sont cassées, le mur qu’on a peint à la main moi et mon mari. Et je ne sais pas comment il est cassé, c‘est de la pierre, c’est pas du bois ! Il n’y a plus de fenêtres, il n’y a plus d’armoire. Comme vous voyez en haut, tout est cassé. Et les habits sont déchirés, le lit est déchiré. Il n’y a plus de porte. On voit le sang de mon mari. »

Rose a même perdu les dernières photos qu’elle avait de ses parents, décédés. « Maintenant, je ne sais pas où elles sont. Toute la maison est pleine de sang. Les souvenirs, tu peux pas les récupérer. » Tout racheter est impensable pour Rose et sa famille. Et pour cause : le dollar est à 10.000 livres libanaises. Rose n’avait par ailleurs pas d’assurance habitation. Aujourd’hui, elle s’inquiète surtout pour ses fils. « Comment ils vont continuer leurs études ? Je ne sais pas. »

Rose déplore le silence de l’État libanais face à ce drame. « Ils sont absents. Chacun est dans son château. Il a de l’électricité, il a de l’eau, de l’eau chaude, il a une climatisation… Il est au repos. » Ce sont les citoyens qui se portent volontaires pour l’aider à nettoyer son logement. « Moi, je n’arrive pas à faire grand-chose. Ce sont eux qui nettoient. Je n’arrive pas, je suis choquée, je suis traumatisée. Je sais pas comment commencer, quoi commencer, que faire, je ne sais pas. Merci à tout le monde, merci à ceux qui sont venus nous aider. C’est notre maison. On n’a pas d’autre foyer. Où on va habiter maintenant ? »

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Brut.