Inondations : à Venise, une digue déployée

Pendant ce temps-là à Venise, pour la première fois, cette digue a été déployée pour protéger la ville des inondations…

Venise : un dispositif contre les inondations mis en place

Dans la célèbre ville italienne de Venise, un dispositif anti-inondation a protégé les habitants de la crue. Ces digues, utilisées pour la première fois, sont en construction depuis de nombreuses années.

À Venise, des digues en construction depuis 17 ans sont déployées pour la première fois. Elles servent à sauvegarder la ville des inondations. Le projet s’appelle MOSE, Moïse en italien. Les habitants et les autorités vénitiennes sont fiers et rassurés par ce dispositif. « C’est une journée triomphante aujourd’hui pour nous, pour Venise ! », s’exclame Luigi Brugnaro, le maire de la ville.

Un projet à 7 milliards d’euros

Le chantier du projet MOSE est estimé à 7 milliards d’euros. Dans ce dispositif, 78 digues forment une barrière capable de résister à une montée des eaux allant jusqu’à 3 mètres au-dessus de la normale. Les barrières doivent pouvoir se lever en 30 minutes et sont placées entre l’entrée de la lagune de Venise et la mer Adriatique.

Le projet a été lancé dans les années 1970, après une « acqua alta » (nom donné à la période d’inondation à Venise) historique survenue en 1966. Toutefois « ce système n’a pas été construit pour être opérationnel 365 jours dans l’année », explique Georg Umgiesser, océanologue au Conseil italien national de la recherche. « Il transformerait alors la lagune en lac. À très long terme, le MOSE pourrait devenir obsolète si la montée du niveau des océans finissait par engloutir la structure », poursuit-il.

Un projet controversé

La construction du MOSE est d'ailleurs vivement critiquée en Italie. Certaines personnes pointent du doigt le coût et le retard pris par le chantier. De plus, en 2014, une centaine de personnes, dont le maire de l’époque, Giorgio Orsoni, ont été interpellées pour des soupçons de corruption. Ce détournement d’argent public est estimé à 1 milliard d’euros. Il a provoqué la démission du maire mis en cause.

« C'est un projet qui a été ralenti dans son exécution et un travail sur lequel il y a eu des épisodes évidents de corruption, de malversations qui ont également compromis son achèvement. Ces épisodes sont absolument déplorables. Nous ne devons rien oublier. Ça fait partie de l'histoire », a déclaré Giuseppe Conte, le chef du gouvernement italien.

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Brut.
5 octobre 2020 17:57