Brut a rencontré l'apnéiste Guillaume Néry

Mais d'où vient ce "cri" de détresse diffusé par Guillaume Néry ? Il a semé le doute sur les réseaux sociaux. L'apnéiste raconte à Brut son origine...

En diffusant le "cri de détresse" de l'océan, l'apnéiste Guillaume Néry alerte sur le déclin des écosystèmes marins

Guillaume Néry, champion du monde d'apnée, est témoin des mauvais traitements infligés à la vie sous-marine. Brut l'a rencontré.

Lorsque l’apnéiste Guillaume Néry publie sur Twitter un son étrange qui fait écho dans l’océan, les réseaux sociaux s’emballent. Le lendemain de la publication, Guillaume Néry révèle l’origine de ce son dans une deuxième vidéo. Ce bruit étrange a en fait été créé à partir de différents sons, enregistrés sous l’eau. Il s’agit d'animaux sous-marins en train d'agoniser. Ces sons ont été combinés, pour créer un seul et même son « qui est une forme de voix, d'appel au secours, émis par l’océan » raconte Guillaume Néry.

Créé par l'ONG Sea Shepherd, ce « cri de détresse » est composé du son de 30 animaux agonisants. « On sent qu'il y a de la souffrance. Évidemment, ça m'a énormément affecté, ça m'a énormément touché (…) cette vidéo est terrible, elle est dure. Mais je pense que c'est une vidéo qui montre une réalité et qui doit être vue par le plus grand nombre » estime Guillaume Néry. L’idée était donc d’utiliser les réseaux sociaux pour sensibiliser le plus de personnes possible à la condition des animaux marins.

Guillaume Néry, témoin des dégâts de la pêche industrielle sur l’océan

« La pêche industrielle est en train d'épuiser totalement les ressources. Et les dommages collatéraux de ces méthodes de pêche sont dramatiques » alerte Guillaume Néry. À cause de ces méthodes de pêche à grande échelle, de très nombreux animaux, comme les requins et les grands mammifères marins, meurent avant d’être rejetés à la mer. « Des morts qui sont totalement inutiles. On ne le voit pas, mais c'est un drame » déplore Guillaume Néry.

Avec 20 ans de pratique de l'apnée, Guillaume Néry est l'un des témoins directs de l'impact de l'homme sur les océans. « C'est un milieu avec lequel j'ai un lien, une connexion très forte » précise l’apnéiste. Au fil du temps, Guillaume Néry observe qu'il y a de moins en moins de gros poissons et animaux marins sous l'eau. En revanche, « il y a de plus en plus de plastique » lance Guillaume Néry.

« Je fais attention à ce que je dis parce que si je dis que c'est trop tard, finalement, les gens ne vont plus rien changer. Mais au fond de moi, je suis très inquiet et très pessimiste pour la suite. Je pense qu'aujourd'hui, on n'est plus à l'ère du compromis. On est à l'ère de la radicalité » alerte Guillaume Néry. Pour l’apnéiste, il faudrait arrêter de consommer des produits marins pêchés de manière industrielle. « Aujourd'hui, il faut passer à l'action. On ne peut plus juste réfléchir et penser à changer, il faut changer » conclut Guillaume Néry.

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Brut.
9 avril 2019 17:00