Mamma's Laef, des serviettes périodiques réutilisables au Vanuatu

Ces femmes fabriquent des serviettes réutilisables. Respect de l'environnement, autonomisation des femmes, soutien à l'économie locale… C'est le projet Mamma's Laef.

Au Vanuatu, l’entreprise Mamma's Laef fabrique des protections périodiques lavables

Dans ce pays fortement touché par la précarité menstruelle, fournir aux femmes des protections réutilisables est un enjeu essentiel. Brut a rencontré les « mammas » qui les fabriquent.

Le crédo de la petite entreprise Mamma's Laef, au Vanuatu : « Aider les femmes à reprendre la main sur leur futur. » Pour cela, la compagnie embauche essentiellement des femmes – les « mammas » – pour fabriquer des protections périodiques lavables. Ses objectifs : offrir aux femmes plus d’indépendance, limiter les déchets et soutenir l’économie locale.

Pendant leurs règles, 55 % des filles manquent l’école au moins un jour

Selon une enquête de 2019 menée par l’Unicef dans cet archipel de Mélanésie, pendant leurs règles, 55 % des filles manquent l’école au moins un jour. Et leurs mères manquent le travail. Ainsi les règles aggravent-elles les inégalités salariales, déjà très marquées dans le pays. Au Vanuatu, en 2009, seules 36 % des employées du privé étaient des femmes.

Chez Mamma's Laef, on fabrique des serviettes et des couches. « Après l'utilisation, on lave la serviette, on l'étend au soleil pour la faire sécher et on la réutilise le jour suivant », explique Mary Kalsrap, co-fondatrice de Mamma’s Leaf Vanuatu. Ces serviettes durent entre deux et trois ans. Dans cette entreprise, le recrutement aussi est solidaire. « Nous employons des “mammas”. Cela les aide à payer les frais de scolarité des enfants et à répondre aux besoins élémentaires à la maison », détaille Mary Kalsrap.

Le tabou des règles reste bien présent dans le pays

Ici, les mammas sont fières. L’entreprise revendique une dynamique « d’empowerment ». En parallèle, elle mène des actions de prévention dans les écoles et distribue des serviettes avec des ONG. « Nous expliquons aux filles ce qui se passe dans leur corps, et qu’il ne faut pas avoir honte d’en parler. Nous leur disons que nous pouvons leur donner ce dont elles ont besoin. »

Mais le tabou des règles reste bien présent dans ce pays du sud de l'océan Pacifique. « Parfois, quand nous allons dans les écoles, on nous arrête quand on en parle », déplore Mary Kalsrap. Rien qui ne puisse faire peur à Mamma’s Maef toutefois, l’entreprise solidaire continue ses actions, contre vents et marées. « Je pense que très important de parler de ça aux jeunes filles et à leurs mères pour qu’elles puissent être en bonne santé et contrôler leur futur », conclut Mary Kalsrap.

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Brut.
21 mai 2020 08:31