Abattu par des militants FN, Ibrahim Ali aura une avenue à son nom

Ibrahim Ali avait 17 ans lorsqu'il a été assassiné d'une balle dans le dos par des militants FN. 26 ans après, Marseille lui rend hommage : l'avenue où il a été tué portera son nom.

Une rue est renommée en hommage à Ibrahim Ali, tué il y a 26 ans par des militants FN

*Le 21 février 1995, Ibrahim Ali, un jeune marseillais de 17 ans d'origine comorienne, est tué d’une balle dans le dos par des militants FN qu’il croise sur son chemin. Pendant 26 ans, ses proches ont demandé à ce qu’une rue porte son nom. Depuis le 8 février 2021, la rue dans laquelle il s’éteint a été rebaptisée par le conseil municipal de la ville. *

L'émotion de la communauté comorienne de Marseille

Leurs chemins se sont croisés. Ce 21 février 1995, Ibrahim Ali, qui rentrait d’une répétition avec son groupe de rap, croise le chemin de 3 colleurs d’affiches du parti politique FN. Plusieurs coups de feu sont tirés par les militants.

Suite à la mort du jeune garçon, la communauté comorienne manifeste dans la rue pour exprimer sa douleur. “La justice, la clarté, de la dignité surtout pour la mémoire de mon fils, c’est tout ce que je demande”, déclare le père d’Ibrahim Ali ce jour-là.

Le procès face au FN

Lors du procès, le Front National soutient les accusés et plaide la légitime défense. “Je crois que les uns et les autres sont victimes, il s’agit d’un drame de l’auto-défense”, affirme Jean-Marie le Pen, lors d’une interview donnée en 1995. Bruno Mégret, alors numéro 2 du FN, s’exprime lors du procès : “J’apporte mon soutien aux militants du Front National qui n’ont pas voulu tuer ou blesser.

Les trois accusés sont finalement condamnés à 2, 10 et 15 ans de prison. L'avocat des victimes, à l’époque Gilbert Collard, se félicite de cette victoire. Aujourd’hui encore, la mémoire d’Ibrahim Ali n’est pas tombée dans l’oubli. Chaque année, sa mort est commémorée à Marseille, et une rue porte à présent son nom.

Ibrahim Ali était un enfant de Marseille, un jeune artiste marseillais. Il faisait partie de notre identité commune”, a déclaré Samia Ghali, adjointe au maire de Marseille.

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Brut.
9 février 2021 11:59