Après le démantèlement de la "jungle" de Calais, des mineurs livrés à eux-mêmes

"La police vient tous les jours prendre nos tentes et ils les mettent à la poubelle." Asif a 16 ans. Parti d'Afghanistan, il est arrivé à Calais il y a deux mois dans l'espoir de traverser la Manche. Il raconte.

Calais : la situation des mineurs isolés quatre ans après le démantèlement de « la jungle »

Dans le nord de la France, à Calais, les camps de migrants résistent aux forces de l’ordre. Cela fait maintenant quatre ans qu’a eu lieu le démantèlement de ce que l’on appelle « la jungle ».

« Je pense que nous avons perdu notre avenir. Nous n’avons plus d’avenir. C’est comme si je perdais mon temps ici. Jour après jour. » Asif a 16 ans. Cela fait deux mois qu’il est arrivé à Calais. Comme lui, beaucoup de jeunes s'y sont rendus dans l’espoir de rejoindre le Royaume-Uni.

1.500 migrants à Calais

Selon Amnesty International, 1.500 personnes en situation d’exil se trouvaient à Calais fin août 2020, dont 254 mineurs. « Quand j’étais en Afghanistan, j’ai été scolarisé jusqu’en quatrième. C’était un rêve pour moi et ma famille de devenir médecin ou journaliste », confie Asif.

Et de poursuivre : « Ça fait deux ans que je suis sur la route, mais maintenant, je pense que je ne peux devenir aucun des deux. Notre avenir, c’est juste de travailler dur, de gagner de l’argent et de l’économiser pour l’envoyer à nos familles et… Faire quelque chose pour soi-même, comme… Vivre dans un pays pour travailler, et pas étudier. »

Il espère que les générations futures n’auront pas à subir ce qu’il traverse actuellement. Certains personnes sur place ont dû traverser l’Iran, la Turquie, la Grèce, la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche, l’Italie et la France pour arriver à Calais. Elles essayent de monter à bord de camions pour traverser la Manche et arriver au Royaume-Uni.

Des opérations d’expulsion quotidiennes

Tous les jours, il y a des opérations d’expulsion à Calais. La présence policière n’a pas faibli depuis le démantèlement de la « jungle » en 2016. « Au début, je m’étais installé ici, mais la police est arrivée et a rasé tous les arbres. Maintenant, ils viennent tous les jours prendre nos tentes et ils les mettent à la poubelle », raconte Asif.

Lors de ces opérations, les forces de l’ordre sont obligées de signaler la présence de mineurs. Claire Hédon, la Défenseure des droits, a dénoncé les atteintes aux droits fondamentaux dont sont victimes les personnes exilées à Calais. « La Défenseure des droits demande dès à présent la fin de cette traque et la mise en place d’un lieu où les personnes peuvent se reposer, se ressourcer et envisager la suite de leur parcours migratoire », lit-on dans un communiqué datant du 24 septembre dernier.

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Brut.
27 octobre 2020 18:13