Dans son podcast "Mes 14 ans", Lucie Mikaelian raconte les premiers pas de sa sexualité

"Ce journal, c'est une plongée dans la tête d'une ado de 14 ans." En rangeant sa chambre d'ado, Lucie a retrouvé son journal intime. Aujourd'hui, elle a 30 ans, et dans son podcast "Mes 14 ans", elle a décidé de le rouvrir et de revenir sur les premiers pas de sa vie sexuelle…

« Mes 14 ans », un podcast qui explore les débuts de la sexualité féminine

À 30 ans, Lucie Mikaelian a retrouvé le journal intime qu’elle a tenu l’année de ses 14 ans. Et elle en a fait un podcast.

« J’ai retrouvé ce journal. J’ai essayé plein de fois de l’ouvrir, j’ai même voulu, parce qu’à chaque fois que je l’ouvrais, je tombais sur quelque chose que je trouvais hyper honteux », se souvient Lucie Mikaelian. À 30 ans, la jeune femme est tombée sur le journal intime qu’elle a tenu l’année de ses 14 ans. Elle en a fait un podcast, Mes 14 ans. Brut l’a rencontrée.

« Il n’y a rien de malsain ni de sale dans la sexualité, même à 14 ans »

Il y a un an, je me suis dit : « Bah, en fait, ce journal, il est super intéressant. » Pas parce que c’est ma vie, mais parce que ça concerne toutes les adolescentes. C’est la découverte du désir, la première fois, le plaisir, le sexe, la sexualité, les premiers émois, et l’amour bien évidemment. Ce journal, c’est aussi une sorte d’enquête, de plongée dans la tête d’une ado de 14 ans qui nous permet de se poser les questions : « Qu’est-ce que le désir féminin, quand est-ce que ça commence et quand est-ce qu’on devient une femme ? »

Le désir féminin, ça ne commence pas à 17 ans, à l’âge moyen où on perd sa virginité. Tous ces désirs, ces premiers émois, ces premières peurs et les premiers regards qui changent, sur son corps, le regard de l’autre, ça commence très jeune. J’écris, à un moment : « Mais personne ne comprend que c’est un sentiment sain. » C’est la phrase importante. C’est ce message-là que j’aimerais passer à des jeunes filles : ce ne sont que des sentiments sains. Il n’y a rien de malsain ni de sale dans la sexualité, même à 14 ans.

« Tous ces fantasmes ne sortaient pas de nulle part, ils sortaient de la culture populaire »

À un moment, j’ai écrit : « Anniv le Belge, 18 ans. » Ce qui était hyper vieux à l’époque pour moi ! J’avais écrit : « Mon fantasme avec le Belge, enfin pas qu’avec lui mais vu que c’est le sex appeal numéro un de la liste, serait qu’il me fasse un cunni menottée sur un lit en fer. Quand je pense qu’on a failli sortir ensemble. Smiley triste. » Ça peut paraître très précoce, mais tous ces fantasmes ne sortaient pas de nulle part. Ils sortaient de la culture populaire, des films que je voyais. Toutes les filles avaient des corps extrêmement épilés, dans des positions de soumission. Moi, forcément, ça me gangrénait le cerveau.

Ensuite, j’ai fait l’amour. J’ai juste écrit : « Je l’ai fait. » en gros, avec des fleurs, sans aucun autre détail. J’étais hyper contente. 14 ans, c’est un âge un peu particulier parce que c’est la dernière année du collège. Je pense qu’on tire les derniers fils de l’enfance, qu’on va vers le lycée. Là, on va vraiment devenir une jeune femme. On découvre son corps, la sexualité, le monde des adultes. On se rend compte que c’est pas si facile d’être un adulte, même avec ses parents. Je pense que c’est vraiment un âge charnière où on découvre un peu la réalité de la vie.

« Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de pédagogie sur la sexualité des jeunes filles »

Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de pédagogie sur la sexualité des jeunes filles. Elles peuvent la trouver sur Instagram, des comptes qui expliquent concrètement comment on fait l’amour et comment on prend du plaisir. Il y a aussi Sex Education sur Netflix qui montre plein de manières différentes de s’aimer, de sexualités, de corps. Le plus important, c’est de comprendre que le sexe, c’est joyeux et personnel. Chacun fait ce qu’il veut, et il ne faut pas se sentir jugé. Il faut juste y aller à son rythme, sans pression, de manière consentie, et avec le sentiment que c’est tout à fait normal et que ces désirs sont normaux. C’est normal d’avoir peur mais, c’est aussi normal d’avoir juste envie de le faire !

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Brut.