retour

Documentaire : Coronavirus, pourquoi la Chine a mis du temps à réagir

Plus d'un millier de morts, des millions de personnes confinées et un bilan qui s'alourdit chaque jour. De la découverte des premiers patients infectés à la crise sanitaire mondiale : pour Brut, Charles Villa raconte comment la Chine a réagi à l'épidémie du nouveau coronavirus.

Coronavirus : comment l’épidémie est devenue mondiale

Au début de la crise, l’État chinois a tout fait pour cacher l’épidémie. Notre reporter Charles Villa revient sur le déroulé des événements.

Des personnes suspectées d’être contaminées par le coronavirus arrêtées à leur domicile : ce genre de scènes arrivent tous les jours, en ce moment, en Chine. L’épidémie a commencé dans la ville de Wuhan, dans le centre du pays. Au début de la crise, l’État chinois a tout fait pour cacher l’épidémie. Huit médecins ont tenté de donner l’alerte, mais ils ont été réduits au silence. L’un d’eux, Li Wenliang, est décédé du coronavirus le 7 février 2020.

« Toutes les provinces chinoises sont aujourd’hui contaminées, vraisemblablement à partir de ces habitants de Wuhan qui se sont dispersés dans la nature », développe Pierre Haski, journaliste spécialisé en géopolitique. Pour Brut, Charles Villa détaille le déroulé des événements qui ont fait de cette épidémie de coronavirus une urgence internationale.

Tout commence le 30 décembre 2019

Tout commence le 30 décembre 2019. Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur, se souvient. « En regardant mes mails, je trouve sur la liste ProMED un avis affirmant que dans la ville de Wuhan, depuis la mi-décembre, une dizaine de patients ont été hospitalisés pour des pneumonies dites atypiques, peut-être virales. Là, ce qui était particulier, c’est que le potentiel virus incriminé n’était pas connu. La question qu’on se pose à ce moment-là, c’est : est-ce qu’il s’agit d’un épisode isolé ou, et c’est évidemment la question qui me taraudait, est-ce qu’il y avait déjà un début de transmission interhumaine ? »

Au 30 décembre, seuls quelques scientifiques dans le monde sont au courant. La Chine informe discrètement l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’un début d’épidémie. Elle est partie de Wuhan, une ville en Chine centrale d’environ 11 millions d’habitants (près de cinq fois la population de Paris). Tout aurait commencé dans un marché de fruits de mer. Dans ce genre de marchés, des animaux sauvages vivants, comme des chauves-souris, des serpents ou même des rats, sont vendus illégalement pour être mangés. Ces animaux sauvages, qui peuvent être porteurs de virus, sont souvent entreposés à proximité des autres aliments. « Dans les marchés du sud de la Chine cohabitent des espèces animales qui ne se croisent pas dans la nature. Cela permet donc des sauts de virus et des mutations de virus », ajoute Pierre Haski.

Trois semaines après l’alerte, les autorités reconnaissent l’existence d’une épidémie

Début janvier, le marché de Wuhan est fermé et désinfecté. Même si des rumeurs circulent, la population n’est toujours pas au courant d’une potentielle épidémie de coronavirus. Le 7 janvier, les autorités chinoises annoncent à l’OMS que c’est un nouveau coronavirus. Le 11 janvier, la télé d’État annonce un premier mort. En Chine, personne n’a oublié le Sras, une épidémie de coronavirus dont la souche provenait déjà d’un animal sauvage qui avait fait près de 800 morts en 2003… Mais ce n’est que le 20 janvier, presque trois semaines après l’alerte discrète de l’OMS, que les autorités chinoises reconnaissent officiellement l’existence d’une nouvelle épidémie.

Toutefois, le 22 janvier, 23 jours après la première alerte, l’OMS se veut toujours rassurante. « Ce que la Chine est en train de faire, c’est de prendre des mesures très, très fortes, avec une implication totale ! » assure alors Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. « Dès le début, le directeur général de l’OMS a chanté les louanges de Xi Jinping et des autorités chinoises dans leur gestion de la crise. On a eu le sentiment à un moment que l’OMS en faisait trop », tempère Pierre Haski. Pour le journaliste, cela s’explique par l’influence de la Chine au sein de l’OMS. « La première réunion qui a eu lieu à l’OMS pour décider du statut de cette épidémie a été, là encore, l’objet d’une tractation et d’un travail de lobby de la part de la Chine extrêmement important, qui a fait que l’alerte mondiale n’a pas été déclenchée à ce moment-là », indique Pierre Haski.

En quelques heures, Wuhan est coupée du monde

Le 23 janvier, Whuan est mise en quarantaine. Beaucoup d’habitants essaient de sortir, sans succès. En quelques heures, la ville est coupée du monde, et les seules vidéos qui en sortent proviennent des réseaux sociaux. Beaucoup de gens racontent leur vie sous quarantaine, comme Vladimir, un Russe qui travaille à Wuhan. « Tout d’un coup, tu te retrouves enfermé dans ton appartement et tu as peur d’en sortir. Bien sûr, on ressent beaucoup de panique, partout. Je pense que maintenant, on peut sortir sans trop de risque, si on n’interagit avec personne et si on ne touche ni aux portes, ni aux objets. » Pendant ce temps-là, les hôpitaux sont pris d’assaut, parfois par des gens non malades. Ils se retrouvent alors au urgences avec des patients contaminés : l’hôpital devient un lieu de crise. D’où la construction en urgence de deux hôpitaux à Wuhan.

Le 25 janvier, 26 jours après la première alerte, l’État chinois met en scène des chantiers gigantesques pour rassurer sa population et envoyer un message à la communauté internationale. « Ça permet aussi à la propagande chinoise de faire oublier tous les ratés, explique François Bougon, ancien correspondant du Monde à Pékin. C’est Xi Jinping en personne qui l’a dit lors d’une rencontre avec le directeur de l’OMS : “On a un ennemi à vaincre, c’est le virus.” Dans cette narration de la propagande, vous avez des héros : le personnel médical, les infirmières, les médecins, les ouvriers. Et vous avez éventuellement les traîtres : des fonctionnaires locaux présentés comme les coupables du retard de l’information. »

Des héros et des traîtres

À Wuhan, le maire Zhou Xianwang refuse d’être l’un de ces traîtres. « Je reconnais que nous n’avons pas révélé les informations en temps voulu. Nous ne pouvons pas transmettre nos informations sans l’approbation du gouvernement. Si le grand public pense que nous nous sommes trompés, nous démissionnerons. » Zhou Xianwang fait ici référence à la loi sur les secrets d’État. Les épidémies en Chine sont en effet considérées comme un secret d’État, et le maire n’a pas autorité pour donner des informations sur le sujet. « On a un bouc émissaire, un coupable idéal », selon Pierre Haski.

« Il y a un problème fondamental en Chine, c‘est que la croissance économique est absolument au centre des préoccupations du gouvernement central, mais aussi des gouvernement locaux, réagit Jean-Louis Rocca, spécialiste de la société chinoise. Les autorités locales ont beaucoup hésité, parce que dire : “Voilà, attention, il y a une épidémie”, ça veut dire qu’il va y avoir moins de croissance économique, moins d’emplois. Pour la réputation du parti et du gouvernement, ce n’est pas très bon. En tout cas, il y aura un impact à court terme extrêmement fort sur l’économie chinoise. »

Le 28 janvier, après cette interview du maire de Wuhan, l’OMS change radicalement de discours et indique que le risque au niveau mondial est élevé. Pierre Haski déplore ce temps de réaction : « Le temps que l’alerte soit donnée et que la ville soit bouclée, 5 millions d’habitants de Wuhan se sont éparpillés dans la nature. Toutes les provinces chinoises sont aujourd’hui contaminées, vraisemblablement à partir de ces habitants de Wuhan. » En d’autres termes, la crise chinoise est désormais devenue une crise mondiale.

12/02/2020 13:00
  • 3.3m
  • 2.2k

1345 commentaires

  • Elodie C.
    un jour

    regarder les filles s craint

  • Lion O.
    un jour

    Seigneur Jesus Christ de Nazareth, grâce 🙏

  • Smi S.
    un jour

    Le seul moyen pour attaquer les chinois c'est les médias bravo Trump très belle vengeance

  • Thierry C.
    un jour

    C'est rien sur 7 milliards

  • Marie B.
    un jour

    😲😲😲😲

  • Frederique G.
    un jour

    Peur de la panique. Ils font pareil en France.

  • Richili G.
    un jour

    toi avec tes chinois

  • François C.
    un jour

    😢

  • Ax E.
    un jour

    Maaaaais ne vous inquiétez pas ! Le virus s'arrête à la frontière, comme le nuage de tchernobyl 😉

  • YNS6X Gaming
    un jour

    des ordures

  • Chanel K.
    un jour

    qd t’auras le tps

  • Divinelzia M.
    un jour

    1000mort seigneur trop beaucoup

  • Michel M.
    un jour

    Guerre bactériologique (virologique) c est flagrant

  • Lorène S.
    un jour

    Ouais ou crée en laboratoire pour dépeuplé la population

  • Alicia P.
    un jour

    c’est ça que je te dis avec les médecins la

  • Huguette S.
    un jour

    Q

  • Amel M.
    un jour

    écoute sa le commencement.

  • Ansia M.
    2 jours

    Fausses images en veux tu en voila

  • Juliette C.
    2 jours

    Seigneur cest quel histoire ça

  • Zied Z.
    2 jours

    Pour se qui dise c’est rien préparer vous quand vous verrez vos enfant ou vos proche mourir pensez à votre connerie mais sa sera trop tard