Elle déconstruit les clichés autour des femmes maghrébines

"Quand je m'appelle beurette moi-même, j'empêche les autres de m'appeler beurette." Elle veut déconstruire les clichés autour des femmes maghrébines. Et pour le faire, elle se sert d'Instagram. Brut a rencontré Lisa Bouteldja, "beurettocrate" militante.

Elle déconstruit les clichés autour des femmes maghrébines

« Quand je m'appelle beurette moi-même, j'empêche les autres de m'appeler beurette. » Lisa Bouteldja, « beurettocrate » militante, veut déconstruire les clichés autour des femmes maghrébines. Pour le faire, elle se sert d'Instagram.

Retourner le stigmate

Sur le réseau social, Lisa Bouteldja casse l'image accolée aux femmes d'origine maghrébine et combat les clichés autour du mot « beurette ». « Je retourne le stigmate », précise Lisa Bouteldja.

« Si on prend la définition du Larousse, une “beurette”, c’est simplement une descendante d'immigrés nord-africains, qui vit en France et qui a grandi en France » explique Lisa Bouteldja. Cependant, lorsque l'on tape le mot « beurette » sur Google, ce n'est pas ce que l'on trouve… La plupart des résultats de recherche sont liés à des sites pornographiques. « Derrière le mot “beurette”, en fait, il y a une vraie histoire coloniale sur la sexualisation, la fétichisation de la femme orientale », analyse Lisa Bouteldja.

« L'idée de la femme française, c'est la Parisienne »

L’objectif de Lisa Bouteldja : en finir avec les clichés sur les jeunes femmes d’origine maghrébine. « L'idée de la femme française, c'est la Parisienne, la bourgeoise élégante. Dès que tu sors de ça, tu es directement catégorisée comme "beurette", cagole, ridicule », dénonce Lisa Bouteldja. La « beurette », est maghrébine, « donc elle inférieure à la femme blanche, et en plus, elle est de classe populaire » ajoute l'influenceuse.

« Le seul endroit où je me sens légitime, c'est la mode. C'est mon art, c'est mon arme. C'est le seul endroit où je me sens libre de m'exprimer comme je l’entends », conclut Lisa Bouteldja.

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Brut.