États-Unis : un shérif enlève son casque et rejoint les manifestants

Ce jour-là, face à la colère des manifestants après la mort de George Floyd, ce shérif a pris une décision inattendue : enlever son casque et les rejoindre, pour marcher ensemble. Il raconte.

Quand un shérif rejoint les manifestants contre les violences policières

Chris Swanson, shérif du comté de Genesee dans l'État du Michigan, a été félicité pour avoir rejoint les manifestants de la ville de Flint qui réclamaient justice pour George Floyd.

« Je n'ai aucun problème à dénoncer les forces de l'ordre car j'en fais partie », affirme sans détour Chris Swanson, shérif du comté de Genesee, dans l'État du Michigan. Ce dernier a récemment été félicité pour avoir rejoint les manifestants de la ville de Flint qui réclamaient justice pour George Floyd et pour avoir ouvert un dialogue en vue d'améliorer les relations entre la police et les personnes non blanches.

Il organise des réunions avec des militants de Black Lives Matter

Un vrai contraste avec les scènes de violence et de tension qui se sont déroulées dans l'ensemble des États-Unis depuis plusieurs semaines. Shérif depuis janvier 2020, Chris Swanson plaide en effet pour une approche du maintien de l'ordre qui s’appuie sur la communauté. Il organise ainsi des réunions avec des militants de Black Lives Matter et des pasteurs locaux.

Une initiative saluée par les participants, comme Jeff Hawkins, pasteur de l’Église du Prince de la Paix. « Je comprends tout à fait la frustration et la colère, non seulement étant à Flint, mais aussi en tant que Noir. Tout cela doit cesser. Je suis reconnaissant d'avoir eu une discussion avec le shérif et les autres forces de l'ordre pour leur dire : "Ce n'était que le début d'une séance d'écoute." Lorsque les caméras s’en vont ou lorsque les choses semblent se dégrader, l’engagement et la conversation se poursuivent », se réjouit le pasteur.

« Je ne veux pas que quelqu’un avec notre uniforme soit accusé de racisme »

Chris Swanson dénonce fermement les violences policières et racistes dans son pays. Pour lui, la police se doit d’entendre la voix du peuple. Il affirme même avoir arrêté des hommes qui travaillaient dans son propre commissariat. « J’ai un gars en prison en ce moment qui a commis une agression sexuelle pendant son service, il est accusé de cinq délits. Nous travaillons actuellement sur une affaire dans laquelle un gars a fait un usage excessif de la force. Vous devez dénoncer quand ça arrive. Vous pouvez essayer de discipliner et de former, mais il y a un moment où vous devez stopper net », résume le shérif.

À ce jour, il affirme avoir aidé à stopper plus de 80 collègues hors-la-loi durant les 15 dernières années… « Nous renvoyons les gens. J'ai arrêté mes propres gars. J'ai inculpé mes propres gars. J'adore les flics, mais je ne veux pas que quelqu’un avec notre uniforme viole une loi, porte atteinte à la dignité, soit accusé de racisme. »

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Brut.