Interview exclusive de Michelle Obama pour Brut.

Michelle Obama échange avec l’autrice Leïla Slimani à l’occasion de la sortie de son livre ‘Cette lumière en nous’, chez Flammarion.

“Être honnête, c’est le code source de ma puissance”

Michelle Obama, ancienne Première dame aux États-Unis aux côtés de son mari, a publié son second livre, Cette lumière en nous. À cette occasion, elle échange pour les médias Brut. et France Télévisions avec l’autrice Leïla Slimani. Elles discutent notamment des doutes, des angoisses que tout le monde peut ressentir, comme écrit dans l'ouvrage. “Je pense que c’est une preuve d’authenticité et de vulnérabilité, en particulier lorsque l’on s’adresse aux jeunes, à des personnes qui nous estiment. Parfois, c’est facile de se dire que quand on est perçu comme un modèle, on doit avoir toutes les réponses et ne montrer aucune faiblesse. Mais je crois que ça ne fait que placer la barre à un niveau impossible à atteindre pour les personnes qui vous admirent, alors qu’en fait, ça ne reflète pas la réalité”, répond Michelle Obama. Une vie : Barack Obama

L’importance d’avoir un modèle

“Nous souffrons tous de la peur, nous traversons tous des épisodes dépressifs, nous nous demandons, tous, si nous sommes à la hauteur, si nous sommes capables d’assumer la position dans laquelle nous nous trouvons. Dans mon cas, le fait de l’admettre, c’est le code source de ma puissance”, ajoute-elle. “Vous parlez de modèles. En France, cette notion de modèle n’est pas aussi populaire qu’aux États-Unis. (…) Selon vous, pourquoi est-ce si important d’avoir des personnes qui servent de modèles et pourquoi faut-il reconsidérer qui sont les héros ?”, demande Leïla Slimani. Le puissant discours de Michelle Obama à la Maison Blanche

“Je pense que c’est en partie cela qui génère de l’incertitude, qui fait que, lentement mais sûrement, de plus en plus d’entre nous, malheureusement, nous sentons marginalisés, invisibles, comme si nous n’avions pas de chemin bien défini à suivre, parce que nous n’avons pas de modèles. (…) C’est notre rôle de montrer tout ce que nous sommes, pour réécrire l’histoire qui est laissée de côté. (…) Parce que vous ne savez jamais qui vous toucherez, qui vous entendra, quelle petite fille lèvera les yeux et se dira : ‘Ah, c’est moi, je peux y arriver parce qu’une personne comme moi l’a déjà fait’”, explique l'interrogée . En amérique, les enfants noirs réagissent à La Petite Sirène

“Les enfants sont comme nous, ils désirent plus que tout être considérés”

Elle parle également de sa crainte pour l’avenir de la nouvelle génération. “Je m’inquiète pour cette génération, à cause de cette période prolongée de privation et d’isolement provoquée par les confinements. Elle a vécu quelque chose qu’aucun de nous n'avait jamais vécu de toute sa vie. On n’a aucune idée des conséquences qu’auront cet isolement prolongé. Ajoutez à ça le fait que cette génération, contrairement à la mienne, contrairement à la nôtre, est très dépendante des réseaux sociaux et qu’elle est de plus en plus habituée à nouer des contacts à travers un téléphone : les jeunes se sont habitués à la technologie et ils en sont plus dépendants que je ne l’ai jamais été.” L'histoire de Black Lives Matter

“Mais il y a une chose que je sais : les enfants sont comme nous. Ils désirent plus que tout être considérés. Ils ont besoin de savoir que quelqu’un voit qui ils sont. C’est ce dont je parle dans mon livre, dans le chapitre 'Commencer sur une note bienveillante'. Il faut comprendre que les mots que nous adressons aux enfants sont importants. Nous devons les accueillir dans la joie et la complétude car, bien souvent, leur confiance en eux se construit à ce moment-là, à travers leurs interactions avec les adultes qui les entourent”, ajoute-elle. Charles Curtis : l'histoire du premier vice-président métis des États-Unis

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