La grève du sexe, une arme politique

Faire la grève du sexe pour défendre le droit à l'avortement, c'est ce que propose l'actrice Alyssa Milano. La grève du sexe, une arme politique qui a déjà fait ses preuves…

#SexStrike, un hashtag pour appeler à la grève du sexe lancé par Alyssa Milano

Pour défendre le droit à l’avortement aux Etats-Unis, l’actrice Alyssa Milano a lancé le hashtag #SexStrike ou #GrèveduSex.

“Tant que nous les femmes n’aurons pas un contrôle légal sur notre corps, nous ne pouvons pas risquer de tomber enceintes. Rejoignez-moi en boycottant le sexe jusqu’à ce que nous retrouvions notre indépendance physique”. C’est ce qu’a déclaré l’actrice américaine Alyssa Milano sur son compte Instagram. Elle a aussi lancé un hashtag pour accompagner cette déclaration : #Sexstrike ou #GrèveduSex.

Avec ce message posté sur les réseaux sociaux, Alyssa Milano réagit aux récents évènements qui se sont déroulés aux Etats-Unis. En effet, l’’État américain de Géorgie vient d’interdire les avortements dès que les battements de cœur du fœtus sont perceptibles. Cela correspond environ à la sixième semaine de grossesse, un stade où de nombreuses femmes ignorent encore qu’elles sont enceintes. En 2019, 300 mesures restreignant le droit à l’avortement ont été adoptées dans 28 États américains. Aux États-Unis, les anti-avortement vont jusqu’à s’en prendre aux femmes devant les cliniques. Pour ces anti-IVG, l’avortement est un véritable péché.

La grève du sexe lancée par Alyssa Milano aux États-Unis est donc un acte politique. Et ce n’est pas la première fois qu’il entre en jeu… La grève du sexe a déjà été employée ces dernières années dans différents pays : au Liberia, Leymah Gbowee avait contribué à mettre fin à la deuxième guerre civile en 2003 avec son mouvement pacifique de femmes : “En désespoir de cause, nous avons lancé une grève du sexe”, avait-elle déclaré. Au Kenya, un collectif de femmes avait décrété une semaine d’abstinence sexuelle en 2009 pour contraindre les dirigeants politique à réformer le pays. Et, déjà durant l’Antiquité, dans une pièce d’Aristophane, une héroïne convainquait toutes les femmes des cités grecques de se refuser aux hommes pour mettre fin à la guerre du Péloponnèse. Alyssa Milano n’a donc rien inventé.

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Brut.
13 mai 2019 18:38