Les chefs des tribus amazoniennes réunis contre Bolsonaro

En un an, les feux de forêt y ont augmenté de 30 % et la déforestation de 85 %, selon l'Institut de recherches spatiales brésilien.

Amazonie : les chefs de tribu se rebellent contre Bolsonaro

Alors que 9.160 km2 de forêts ont disparu en 2019, ils se réunissent en ce moment pour lutter contre la politique du chef d’État.

« L’Amazonie n’est pas en feu, c’est un gros mensonge ! » affirmait encore Jair Bolsonaro le 2 janvier 2020. Alors que le président du Brésil minimise l’ampleur des incendies qui ont touché la forêt amazonienne en 2019, l’Institut de recherche spatiale brésilien (INPE) rapporte que les feux de forêt y ont augmenté de 30 %, et la déforestation de 85%. Cela représente 9.160 km2 de forêts disparues, soit 87 fois la taille de Paris. Une augmentation qui correspond à la première année du mandat de Jair Bolsonaro.

« Les mafias de la forêt tropicale ».

Nemonte Nequimo, représentante de la tribu des Waorani, s’insurge : « C’est la destruction, la fin de notre mode de vie. » C’est à partir d’une surveillance par satellite que l’INPE a recensé l’état de la déforestation et des eux de forêt en Amazonie. Contrairement à l’Australie, ces feux sont majoritairement d’origine criminelle et provoqués par ce que Human Rights Watch appelle « les mafias de la forêt tropicale ».

Sous l’impulsion de Raoni, les chefs des tribus autochtones se réunissent en ce moment pour lutter contre la politique menée en Amazonie par le gouvernement. « Que l’homme blanc nommé Bolsonaro profit de sa présidence, car moi, mon combat, il est pour toute une vie », a lancé Raoni devant l’assemblée.

Bolsonaro souhaiterait développer des extractions pétrolières et gazières

Bolsonaro veut légaliser les activités minières en terre indigène et envisage, selon le journal brésilien O Globo, d’y développer des extractions pétrolières et gazières. C’est une nouveauté qui impliquerait la construction de barrages hydroélectriques.

Si la Constitution brésilienne impose la consultation des communautés autochtones sur les projets économiques en Amazonie, ce dernières n’ont aucun droit de véto sur les projets décidés par le gouvernement. Développer des activités économiques sur des terres indigènes faisait partie des promesses de campagne de Bolsonaro.

Fin 2019, le pot brésilien a inauguré le barrage de Belo Monte en pleine forêt amazonienne. C’est le quatrième barrage le plus important au monde. Un projet en construction depuis plus de 10 ans et contre lequel Raoni s’est battu durant de longues années.

avatar
Brut.
15 janvier 2020 19:58