Les sécheresses en Afrique australe et en Thaïlande

Comme l'Australie, ces zones affrontent l'une des pires sécheresses de leur histoire.

Les terribles sécheresses en Afrique australe et en Thaïlande

Ces zones due globe affrontent leurs pires sécheresses depuis une quarantaine d’années. Et la situation risque d’empirer avec le réchauffement climatique.

En Thaïlande, les réservoirs à sec

« Il ne reste que des pierres et du sable. Quand l’eau arrive, la rivière n’arrive plus à retenir l’eau » se désespère une habitante de Thaïlande. Voilà à quoi ressemble actuellement la Yom, l’une des principales rivières en Thaïlande.

Le pays affronte en ce moment sa pire sécheresse depuis 40 ans, principalement au centre et dans le nord du pays. Les plus grands réservoirs du pays sont à sec, et le Premier ministre a demandé aux habitants de limiter les douches et de fermer les robinets.

À Bangkok, l’autorité des eaux a par ailleurs déclaré que l’eau du robinet était devenue plus salée que d’habitude. La faible quantité d’eau douce entraîne en effet une remontée de l’eau salée de la mer dans les bras du fleuve qui alimente la ville. Pour remédier à cette situation, le gouvernement a investi près de 90 millions d’euros pour pomper les eaux souterraines afin d’éviter une pénurie d’eau.

En Thaïlande, la saison sèche dure généralement six mois. Mais cette année, les autorités estiment qu’elle pourrait en durer deux de plus. En août dernier, la sécheresse avait fait ressurgir un temple englouti il y a 20 ans suite à la construction d’un barrage.

En Afrique australe, une crise alimentaire à venir

Visitées par des millions de touristes chaque année pour ses chutes d’eau de 100 mètres de hauteur, les chutes Victoria sont aujourd’hui presque à sec. Le débit d’eau n’avait pas été aussi bad depuis 1995. Comme l’explique David Smalambo, commerçant riverain, « ça arrive chaque année, mais cette saison, ça a commencé en juin. C’est la plus longue période de sécheresse jamais connue aux chutes Victoria ».

Ces chutes sont situées entre la Zambie et le Zimbabwe, en Afrique australe. La zone est touchée par sa pire sécheresse depuis 35 ans, l’une des plus importantes depuis près d’un siècle. D’après l’ONU, l’ampleur de cette sécheresse pourrait provoquer une crise alimentaire touchant 45 millions de personnes. Car dans des pays qui dépendent majoritairement de l’agriculture, la sécheresse décime les cultures et tue le bétail.

Omega Kufakunesu, habitante du Zimbabwe, témoigne : « Nous avons réduit nos portions de nourriture afin qu’il y en ait assez pour tout le monde. Mais parfois, mon mari et moi ne mangeons pas du tout. Nous nous assurons que nos enfants ont de la nourriture. »

Peu d’espoir pour l’avenir

Hervé Douville, chercheur à Météo France, livre une analyse plutôt sombre de la situation.

« Les rapports successifs du Giec, notamment les plus récents, indiquent que la fréquence et l’intensité des sécheresses a déjà augmenté au cours de 50 dernières années, et que cette augmentation va se poursuivre de manière inéluctable au cours de 30 à 40 prochaines années. Ensuite, tout dépendra de notre capacité à réduire drastiquement nos émissions de gaz à effets de serre. »

« Ce qu’il faut comprendre, c’est que la sécheresse est un phénomène naturel. Il y a toujours des sécheresses. Ce sont des phénomènes relativement complexes qui sont provoqués en général par des anomalies de circulation atmosphérique auxquelles sont associés des déficits de précipitations. Ces anomalies se propagent aux autres composants du cycle de l’eau et provoquent des déficits d’eau dans les rivières et dans les sols. »

« L’exemple récent de l’Australie est suffisamment éloquent, avec des incendies dévastateurs et une perte de biodiversité. Mais dans les pays émergebnts, une sécheresse, c’est avant tout une perte de rendement agricole. Et dans les pays où l’agriculture vivrière est l’une des principales ressources alimentaires, ça peut être dramatique. Ça peut conduire à des pertes de vies humaines et à des phénomènes migratoires. On l’a vu dans le passé récent, notamment dans certains pays d’Afrique, où cela a provoqué des tensions au sein des pays ou entre les pays. »

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Brut.
9 janvier 2020 20:06