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Maroc : répression contre la liberté d'expression sur Internet

En deux mois, une vingtaine de personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour des tweets, des posts Facebook, des stories Instagram ou des vidéos YouTube.

Maroc : de la prison pour des posts Facebook

En deux mois, une vingtaine de personnes ont été condamnées à de la prison ferme pour avoir dénoncé la situation sociale dans le pays ou critiqué le roi Mohammed VI sur les réseaux sociaux.

Être emprisonné pour une photo, une blague ou une chanson partagée sur les réseaux sociaux, c’est une réalité au Maroc. En cause, un décret royal qui punit toute critique du roi et de sa famille.

Un lycéen condamné à trois ans de prison

En deux mois, une vingtaine de personnes ont été condamnées à de la prison ferme. Rappeurs, lycéens, YouTubeurs, étudiants et chômeurs sont les victimes d’une campagne de répression. Dernier en date : Ayoub Mahfoud, un lycéen de 18 ans condamné à trois ans de prison pour avoir partagé la chanson Vive le peuple.

Le code pénal, par décret royal du 15 novembre 1958 qu’on appelle au Maroc le dahir, punit de prison tout propos « insultant » envers le roi et sa famille. Toute offense commise envers la personne du Roi ou de l’Héritier du Trône est passable d’un à cinq ans d’emprisonnement. Sur Twitter, de nombreux Marocains ont lancé le hashtag #FREEKOULCHI, « libérez-les tous » en français.

Une presse muselée

Depuis plusieurs années, en réaction à la mise au pas de la presse, les citoyens ont commencé à s’exprimer sur les réseaux sociaux, et, fait inédit, à commenter les discours du roi. Récemment, le YouTubeur Moul Kaskita a été condamné à trois ans de prison ferme pour avoir critiqué demandé au roi plus de clarté dans ses discours.

Omar Radi, journaliste, témoigne. « La dernière semaine de 2019, je l’ai passée en prison. J’ai été arrêté après une enquête de la police pour un tweet qui critiquait l’action d’un juge contre les prisonniers du Irak du Rif, un mouvement social qui a éclaté il y a deux ans dans le nord du Maroc et à l’issue duquel certains des leaders de ce mouvement ont été condamnés à 20 ans de prison. J’ai considéré cela comme un jugement abusif. »

« Après une semaine, j’ai été relâché. J’ai découvert que cette relaxe a été le résultat d’une pression internationale et nationale, d’une campagne de solidarité assez large. Le procès se poursuit, évidemment : ma prochaine audience se tiendra le 5 mars prochain. En attendant, je suis peut-être le plus chanceux, le plus privilégié de tous les détenus marocains. »

16/01/2020 19:22
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