Mort d'Elijah McClain : les manifestations contre les violences policières relancent les investigations

⚠️Attention : certaines images peuvent choquer. "Je suis un introverti. Je suis juste différent." Il rentrait chez lui, à pied, à Aurora au Colorado. Il est mort quelques minutes après son arrestation par la police, suite à un appel signalant un individu inquiétant. Elijah McClain avait 23 ans.

Violences policières aux États-Unis : l’enquête sur la mort d’Elijah McClain relancée

Ce jeune homme noir de 23 ans a été interpellé dans la rue alors qu’il rentrait des courses parce qu’il portait un masque de ski. Il est mort après une compression des artères carotides exercée par les policiers.

Elijah McClain avait 23 ans. Il est mort en garde à vue à Aurora, dans le Colorado, au cours de l'été 2019. Le 24 août 2019, la police l’arrête alors qu'il rentre chez lui, à pied, d'un magasin de proximité. « Elijah McClain correspond en quelque sorte à un schéma. Celui des hommes noirs non armés tués par la police alors que cet individu noir non armé n'a commis aucun crime », analyse Denise Maes, membre de l’Union américaine pour les libertés civiles du Colorado.

Un appel au 911, avait signalé un individu « douteux »

Une vidéo montre l’interpellation :

« -Arrêtez-vous là. Eh, arrêtez-vous là.

-Stop. J'ai le droit d'aller à pied là où je me rends.

-Stop.

-J'ai le droit de t'arrêter parce que tu es suspect. Tourne-toi, tourne-toi.

-Non, en fait…

-Tourne-toi. Arrête de te crisper, mec. Arrête de te tendre mec. Arrête de te crisper.

-Non. Lâchez-moi, Lâchez-moi, lâchez-moi. »

Un appel au 911, le numéro d'urgence américain, avait signalé un individu « douteux » portant un masque de ski. Selon la famille de Elijah McClain, il portait un masque de ski pour rester au chaud car il était anémique. « Comme si vous aviez besoin d’une raison pour expliquer pourquoi vous portez un masque de ski en marchant dans la rue ! Je me fiche de savoir pourquoi. Il en portait un et c'est tout, point final. Il n'était pas en train de commettre un crime. Et c'est la partie la plus importante de l'histoire », s’insurge Denise Maes.

La police le soumet à une compression des artères carotides, une technique désormais interdite

« Je suis introverti et je suis différent. Je n'aime pas… rentrer chez moi. Je suis juste différent. C'est tout. C'est tout ce que je faisais. Je suis vraiment désolé. Je n'ai pas d'arme. Je ne fais pas ce genre de choses », essaie de protester Elijah McClain. La police le soumet alors à une compression des artères carotides, une technique désormais interdite destinée à couper le flux sanguin vers le cerveau.

Puis les ambulanciers lui injectent de la kétamine, un sédatif. Il ne réagit plus et est victime d'un arrêt cardiaque sur le chemin de l'hôpital. Le 30 aout 2019, il est déclaré en état de mort cérébrale et débranché. Le gouverneur du Colorado a récement demandé la réouverture des investigations sur le décès d'Elijah McClain.

« Pourquoi la kétamine a-t-elle été utilisée sur un individu qui semblait déjà inconscient, qui était déjà menotté ? »

« Une partie de l'enquête consiste à déterminer pourquoi la kétamine a été utilisée sur un individu qui semblait déjà inconscient, qui était déjà menotté et qui n'a donc manifestement pas pu créer beaucoup d'agitation. Et donc, pourquoi la kétamine est-elle utilisée dans ce cas-là pour commencer ? Et puis, je pense que la deuxième chose que nous ignorons et qui, je suppose, fera l'objet d'une enquête, c'est la quantité de kétamine qui a été administrée », développe Denise Maes.

La membre de l’Union américaine pour les libertés civiles du Colorado indique par ailleurs qu’il y a peu d'images de bodycam pour documenter l’action des policiers. « Il semble qu'ils aient éteint leurs caméras. Il y a un policier qui demande à ce que la caméra ne soit pas pointée sur lui », note Denise Maes

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Brut.
4 juillet 2020 06:54