Pourquoi les tomates n'ont plus de goût

Les tomates n'ont plus de goût ? Voilà pourquoi. 🍅

Pourquoi les tomates n’ont plus de goût ?

Dans les années 1990, chercheurs et industriels créent la tomate « Daniela », caractérisée par sa peau épaisse et son absence de goût.

Sans saveur, farineuses, gorgées d’eau… Voici quelques-uns des reproches faits à la tomate, un légume (et un fruit !) accusé depuis longtemps d'avoir perdu son goût. Comment en est-on arrivé là ? La raison principale, c’est l'industrialisation, qui a permis aux consommateurs d'acheter des tomates toute l'année.

Tomate « Daniela » et tomate grappe

Au début des années 1990, chercheurs et industriels donnent naissance à la tomate « Daniela ». Aussi appelée tomate « long life », cette variété hybride caractérisée par sa peau épaisse et son absence de goût peut rester ferme et rouge pendant trois semaines. « Vous arrivez en rayon, vous tripotez la tomate. Au bout de deux ou trois heures, la tomate, c'est de la bouillasse et c'est invendable », s’insurge Pierre Josse, grossiste.

En France par ailleurs, près de 90 % des tomates sont cultivées avant d'être acheminées dans des transports frigorifiques. Un mode de production qui altère le goût et les qualités nutritives de la tomate. Face au mécontentement des consommateurs, chercheurs et industriels élaborent donc une nouvelle variété avec plus de goût à la fin des années 1990 : la tomate grappe.

Privilégier les variétés anciennes et les circuits courts

« Les tomates mûrissent toutes en même temps sur la grappe, alors que les tomates anciennes mûrissent les unes après les autres. Les tomates grappe ont été sélectionnées pour ça, et pas du tout pour le goût. C’est uniquement le pédoncule qui donne du parfum sur l’étal », explique Nicolas Toutain, jardinier à La Bourdaisière.

À l'Institut National de la Recherche agronomique, des chercheurs sont actuellement en quête de la tomate parfaite. Une tomate qui combinera fermeté et saveur. En attendant, le meilleur moyen de retrouver du goût dans les tomates reste de privilégier les variétés anciennes et les circuits courts, et de les consommer entre mai et octobre. Ou de les cultiver soi-même !

Après tout, et comme le dit Louis Albert de Broglie, du conservatoire de la tomate : « Un potager, comme un verger, c'est un acte politique. Un acte politique parce que ça signe la façon dont on vit. Aujourd'hui, on est "des jouisseurs", on consomme, consomme, l'on prend, on redonne peu, et on n'essaie pas de comprendre d'où ça vient. »

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Brut.
22 août 2020 12:29