Privés de transports à cause du confinement, des millions d'Indiens tentent de rentrer chez eux

Priya et ses trois filles entament une marche de 475 km pour rejoindre leur maison. Privés de transports à cause du confinement, des millions d'Indiens tentent de rentrer chez eux comme ils peuvent.

Inde : faute de transports, Priya et ses filles marchent 475 km pour rentrer chez elles

C’est l’équivalent de la distance entre Paris et Lyon, qui nécessiterait neuf jours de marche à raison de 10 heures par jour.

En Inde, privées de transports à cause du confinement, Priya et ses trois filles marchent depuis la capitale New Delhi jusqu’à leur maison à Kanpur, sans savoir que 475 km relient les deux villes. C’est l’équivalent de la distance entre Paris et Lyon, qui nécessiterait neuf jours de marche à raison de 10 heures par jour.

Avec 1,3 milliard d’habitants, c'est la plus grande population au monde soumise au confinement

Ici, presque aucun train ou bus ne circule pour limiter la propagation du virus d’un district à l’autre. Des millions d’Indiens, comme Priya, tentent de rejoindre leur maison comme ils le peuvent. Le 14 avril, l’Inde a officiellement recensé 10.363 cas confirmés de Covid-19 et 339 morts. Avec 1,3 milliard d’habitants, c'est la plus grande population au monde soumise au confinement.

Les images de la marche de Piya et ses filles ont été filmées par le réalisateur indien Vinod Kapri. « J'étais en colère de voir Priya prendre cette décision d’emmener ses trois filles sans aucun transport, sans voiture, juste comme ça. Je lui ai aussi demandé : “Pourquoi vous avez fait ça ?” Elles sont toutes jeunes.” Mais, vous savez, elle a dit : “Je dois rentrer à la maison. Ma mère m’attend.” J'étais très en colère contre Priya et je le suis toujours », raconte le réalisateur à Brut.

Vinod Kapri, cinéaste et citoyen

Vinod Kapri assure avoir essayé de les aider, par devoir moral. « Oui, c’est mon travail de faire des films, mais en même temps, je suis un être humain. Quand on est arrivés au péage de Gabhana où au moins 700 personnes attendaient le bus, elles ne pouvaient pas monter dans le bus. Alors je suis intervenu, j’ai parlé aux responsables des services ferroviaires et je leur ai dit qu’il y avait une famille. » Mais il regrette de ne pas en avoir fait assez.

« C’est le plus grand regret de ma vie. Quand elles sont arrivées à Aligarh, il était environ 2h30 du matin. Elles m’ont dit qu’elles voulaient prendre 2-3 heures de repos et partir pour Kanpur vers 6h du matin. Je leur ai dit de m’attendre, que je viendrais vers 5h30. ‘’Avant 6h, j’y serai et vous m’attendez, et peut-être que j’irai avec vous ou que je pourrai vous aider.’’ Je suis arrivé à 6 heures moins le quart, elles n’étaient pas là. J’ai demandé aux gens. J’ai demandé à la police », se souvient tristement le cinéaste.

Ce 15 avril, Vinod Kapri a indiqué à Brut qu'il n'avait toujours pas de nouvelles de la famille. Pendant ce temps-là, le confinement en Inde a été prolongé jusqu’au 3 mai.

avatar
Brut.