Une intervention raciste de la police dénoncée au Parlement européen

"Quand j'ai dit que j'étais députée européenne, il ne m'a pas crue." L'eurodéputée allemande Pierrette Herzberger-Fofana prend la parole au Parlement européen pour dénoncer une intervention raciste de la police.

Une eurodéputée noire victime de violences policières racistes

Pierrette Herzberger-Fofana affirme avoir été violentée et humiliée par des policiers belges alors qu’elle les prenait en photo en train de harceler deux jeunes Noirs.

Alors qu'elle prenait en photo l'interpellation de deux jeunes hommes noirs par plusieurs policiers qu'elle jugeait abusive, l'eurodéputée allemande Pierrette Herzberger-Fofana aurait été violemment prise à partie. Devant le Parlement européen, elle dénonce une intervention « à tendance raciste ». Voici son discours.

« Ils m'ont plaquée au mur jambes écartées »

Hier, en sortant de la gare du Nord, j'ai vu neuf policiers harceler deux jeunes Noirs. J'avais mon téléphone en main. J'ai fait une photo de la scène avec mon téléphone, ce qui est légal. Les policiers se sont dirigés vers moi. Ils m'ont arraché le téléphone des mains. Quatre des neuf policiers armés m'ont brutalement poussée contre le mur. Ils ont violemment pris mon sac à main. Ils m'ont plaquée au mur jambes écartées et un policier voulait me tâter et me fouiller. Ils m'ont traitée de façon humiliante.

Quand j'ai dit au policier que j'étais députée au Parlement européen, il ne m'a pas crue, alors qu'il avait en main mes deux passeports : le laissez-passer du Parlement européen et le passeport allemand. Il m'a aussi demandé la carte de résidence de la Belgique. Je lui ai donné la carte de la résidence, je l’ai prise dans mon sac, et j'avais le badge autour du cou.

« Nous devons prendre des mesures concrètes pour bon nombre de personnes qui n'ont pas pu échapper à la violence policière »

J'ai porté plainte aujourd'hui car on ne peut pas laisser passer ces violences policières. Cette expérience, à l'heure où le monde entier a vu les conséquences fâcheuses de la brutalité policière, est pour moi traumatisante. Mais je suis là, bien que j'aie passé toute la nuit au Parlement pour écrire. Je n'ai pas eu le courage de sortir. Jusqu'à 6h du matin, j'étais ici. On peut le vérifier avec nos badges. Nous devons prendre des mesures concrètes pour bon nombre de personnes qui ne sont pas ici et qui n'ont pas pu échapper à la violence policière.

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Brut.
18 juin 2020 12:09