IVG aux Etats-Unis : l'histoire de Norma McCorvey aka "Jane Roe"

Surnommée “Jane Roe”, Norma McCorvey a aidé à la légalisation de l’IVG aux Etats-Unis avant de se déclarer anti-avortement… contre de l’argent.

“J’ai empoché leur argent”

“J’ai menti, j’aime Jésus et je vous aime tout”. Son combat a permis de légaliser l’avortement. Alors, pourquoi a-t-elle fini par changer de camp ?

En 1969, Norma McCorvey, alors âgée de 21 ans, est enceinte pour la troisième fois. Elle souhaite avoir recours à un avortement, mais la procédure est à l’époque illégale au Texas, à l’exception des cas où la vie de la mère est en jeu.

On l’oriente vers les avocates Sarah Weddington et Linda Coffee. En juin 1970, la loi anti-avortement du Texas est déclarée inconstitutionnelle.

À ce moment, elle a déjà accouché, et l’enfant a été adopté. L’État du Texas fait appel, et l’affaire est portée devant la Cour suprême des États-Unis.

Le 22 janvier 1973, la décision historique Roe v. Wade consacre le droit légal des femmes à l’interruption volontaire de grossesse dans l’ensemble des 50 États.

Après une décennie d’anonymat, la jeune femme déclare être la “Jane Roe” de cette affaire. Elle commence à s’exprimer publiquement en faveur du mouvement pro-choix, et est régulièrement diffamée, même au Congrès.

“Elle est en voie, cette dame pas très maline, de rejoindre le planning familial, le NARAL, et d’autres groupes férocement pro-avortements” déclare en 1995 le député Bob Dornan (R-CA).

Au Texas, les cliniques pro-avortement sont menacées de fermeture.

En 1995, elle change de camp sans raison apparente

Mais en 1995, dans un spectaculaire revirement, elle change de camp. Elle commence à soutenir Operation Rescue, un groupe anti-avortement agressif dirigé par Philip Benham.

En 1996, elle déclare : “Dites-leur que je suis désolée. Désolée d’avoir été si terriblement bête et naïve. Je pensais faire ce qu’il fallait. Je ne me suis pas rendu compte, à l’époque, que je mènerais des enfants innocents vers une mort aussi absurde que cruelle.”

Elle se convertit au catholicisme romain et se fait baptiser à la télévision dans une piscine privée.

Norma McCorvey devient une habituée des rassemblements March for Life anti-avortements, et témoigne au Congrès en 2005.

Elle déclare alors : “La Cour suprême m’a fait du mal, ainsi qu’à des millions de femmes et d’enfants. Je vous implore de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour annuler Roe v. Wade.”

En 1998, elle affirme : “Même si j’aimerais beaucoup que Roe v. Wade soit annulé, je ne sais pas si cela arrivera dans ma vie, ou même celle de mes petits-enfants. Mais ça finira par arriver.”

Elle aurait touché 500 000 dollars pour s’opposer à l’IVG

Dans le documentaire de 2020 AKA Jane Roe, tourné les derniers mois avant sa mort en 2017, elle révèle avoir été payée pour défendre les intérêts des groupes anti-avortements.

“J’ai empoché leur argent, ils m’ont mise devant les caméras et m’ont dicté ce que je devais dire. C’est ce que je disais."

Robert Schenck, un pasteur évangélique qui a depuis pris ses distances avec la droite religieuse, a reconnu qu’elle avait été payée pour ses apparitions au nom du mouvement.

Selon certaines révélations, Norma McCorvey pourrait avoir touché pas moins de 500 000 $.

Dans le documentaire, elle rétablit également la vérité sur son sentiment au sujet de l’interruption volontaire de grossesses, elle déclare : "Si une jeune femme veut avorter, qu’elle le fasse. Ça ne change rien pour moi. C’est pour cela qu’on parle de choix. C’est votre choix."

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Brut.