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Conversation : Maxime et sa mère parlent de la bipolarité

Il y a 5 ans, Maxime a appris qu'il était bipolaire. Et s'il va mieux aujourd'hui, c'est grâce à sa mère. Brut les a rencontrés.

Maxime, bipolaire, raconte son histoire

Il y a cinq ans, Maxime a été diagnostiqué bipolaire. L’annonce de ce diagnostic et les événements qui ont suivi ont été d’une grande brutalité pour lui et sa mère Valérie.

« Ils m’envoient une espèce de molosse de deux mètres qui me plaque au sol, piqûre au cul, pam ! Je me réveille, apparemment quatre, cinq jours après, attaché en camisole dans une salle toute blanche. Et c’est là que je me dis, merde. C’est là où je me suis dit : "Là j’ai merdé, là il y a un problème". »

Cette histoire, c’est celle de Maxime. Si aujourd’hui il décide d’en parler à Brut, c’est parce qu’il pense qu’il est important de témoigner. Il y a beaucoup d’autres personnes qui, comme lui, ont la même pathologie et doivent apprendre à vivre avec. Cependant, tous n’ont pas la chance d’avoir des proches qui les écoutent et les soutiennent dans cette épreuve.

La bipolarité, c’est quoi ?

« C’est un trouble psychiatrique de l’humeur à base neurologique », explique Maxime. 

« Ce trouble est caractérisé par une alternance entre des phases dites dépressives hyper caractérisées, donc ça peut aller jusqu’au suicide, et des phases dites maniaques, et avec un retour à la normale entre les deux* », poursuit-il. Cette pathologie touche environ 3 % de la population

La descente aux enfers

Pour Maxime, tout commence alors qu’il est en Chine, où il vit en colocation. Ce sont justement les colocataires du jeune homme qui alertent sa mère, Valérie, sur l’état de son fils. Selon ces derniers, Maxime est déjà devenu « incontrôlable ». 

« Voilà, je me baladais à moitié à poil dans la rue, moi je venais de faire part à ma mère que je voulais me marier avec une mannequin que je venais de rencontrer. J’avais les idées qui allaient dans tous les sens » raconte-t-il.

Inquiète, mais impuissante, Valérie comprend alors que la situation de son fils est grave. « Il ne se rendait absolument pas compte de son état et qu’il était en carence totale de sommeil, qu’il avait créé quatre boîtes en trois mois, qu’il avait arrêté ses études », se souvient la maman. 

Une intervention musclée

Sans hésitation, Valérie décide d’intervenir : « J’ai sauté dans un avion avec des médocs rigoureusement interdits, donc j’ai planqué ça dans une valise, je suis partie en me disant : “Si je n’ai pas ça, je n’ai aucune chance de mettre mon fils dans un avion et de le ramener en le shootant moi-même". » 

Une mission sauvetage basée sur un mensonge, pour le bien de son fils, puisque Valérie explique à Maxime que sa venue est due à des raisons professionnelles.

Un retournement de situation très inattendu : à son arrivé à Paris, il est accueilli par sa tante, médecin, avant d’être emmené aux urgences. Au début, il croit à une simple intervention sur des blessures antérieures (dents et nez cassés, lèvres transpercées) mais il n’en est rien. 

« On m’a embarqué mon fils, je savais que les molosses arrivaient, j’étais, j’étais… J’étais… Je ne sais même pas trouver l’adjectif, c’est d’une violence terrible », raconte Valérie. 

Des antécédents familiaux

Quelque temps avant que des troubles bipolaires soient diagnostiqués à son fils, Valérie découvre qu’il y a eu des antécédents familiaux. Elle a notamment un oncle dépressif avec des phases maniaques, « il passait devant une boutique et il s’achetait une bagnole alors qu’il n’en avait pas besoin, par exemple ». 

Elle a aussi un cousin germain dont on lui avait annoncé le décès accidentel. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’un suicide « très certainement parce qu’il était bipolaire », explique Valérie. Lorsque Maxime découvre, à son tour, ces nouvelles, il est déjà rentré en France.

« À ce moment-là, j’en ai voulu à ma mère énormément parce qu’elle m’a dit rapidement avant qu’on rentre qu’elle savait qu’il y avait d’autres bipolaires dans la famille et que personne ne m’en avait parlé. Je n’étais pas au courant de ce que c’était, et comment me rendre compte d’une maladie que j’ai possiblement, si je ne sais pas ce que c’est ? »

La phase d’acceptation

Suite à cette première hospitalisation brutale, Maxime en connaît une deuxième. C’est au cours de cette seconde hospitalisation qu’il accepte sa pathologie, une phase importante puisqu’elle mène à la « guérison », selon les médecins. À cet instant, alors qu’il est entouré d’autres personnes bipolaires, lui vient l’idée de créer une association. « Bipolaires et fiers » naît alors. « Bipolaires et fiers, ce n’est pas être fier, c’est le fait d’assumer, d’accepter, d’avancer dans la vie. On avance, on arrête de tourner en rond. On avance, enfin on essaie, comme ça », développe Maxime.

Désormais, il se penche sur un tout nouveau projet « créé par les malades et pour les malades ». Il s’agit de La Maison Perchée, un lieu d’accueil pour les bipolaires, les schizophrènes, les borderlines et leurs proches. « Plus on est de fous, mieux on évite la camisole. C’est le moment où il faut connecter les gens. C’est Oxmo Puccino ! » s’exclame Maxime.

09/16/2020 9:59 AM
  • 3.1M
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1016 comments

  • Cyril M.
    7 hours

    Salut.je suis bipolaire depuis 12 ans.alors moi je sais que j' ai cet putain de maladie.mais les effets ne sont pas atténuer. je m isolé, j arrive pas a angager des discussions avec mes proches sauf parents et ma petite soeur. Je n' ai plus de libido a cause des médocs.draguer est pour moi presque mission impossible.bref comme tu dis c est les montagnes russes. Tout les jours j attend que le temps passe. J me met devant la télé mais je n' écoute pas tout le temps les émissions.je m evade. Je suis tout le temps dans la lune.les angoisses, les crises de nerfs, les idée noires bref je comprends tout à fait ta situation. J ai 41 ans. Et d autre problème médicaux. Je sais pas régler mon humeur. Ça serait bien que l on parle ensemble. J te souhaite bonne continuation dans la guérison sachant qu il y a pas de miracle. 🧐

  • Lili D.
    a day

    Bravo à vous 2

  • Maialen H.
    2 days

    Bipolaire et aussi fière de l'accepter. Merci beaucoup de témoigner, pour nous tou-te-s

  • Colombine L.
    3 days

    Bravo ✨

  • Catherine M.
    4 days

    Maxime peut être fier de lui, bravo et merci

  • Stéphanie G.
    4 days

    Ma mère ne veut pas admettre que je soit bipolaire type 2 pour elle je ne suis pas malade juste bizarre

  • Rebecca L.
    6 days

    Un entretien d’une grande intensité . Une mère formidable et une complicité entre eux 2 qui force le respect.

  • Arnaud P.
    6 days

    Moi j'ai pris 40 kilos avec les médocs. Et ça malgré le fait que j'ai continué le sport :/

  • Francois B.
    7 days

    ça te fait penser a personne ?

  • Harry B.
    10/15/2020 20:40

    try to translate in english its so weird how it s exactly like T at Weesper

  • Alex G.
    10/15/2020 18:37

    !?

  • Stl L.
    10/15/2020 16:46

    Comment savoir si on est bipolaire?

  • Steven P.
    10/14/2020 06:41

    Un bouge qui a mis tout le fric de maman dans la drogue et qui en a un peu trop pris.

  • Isabelle H.
    10/13/2020 22:18

    Super témoignage, plein d'espoir 👍

  • Gege D.
    10/13/2020 21:11

    tchek c'est intéressant :)

  • Amélie C.
    10/13/2020 20:56

    Exactement ce dont on parlait ;)

  • Tony S.
    10/13/2020 15:02

    Et la bipolarité c'est pas le pire

  • Julie T.
    10/13/2020 14:46

    Un grand merci en provenance du Québec

  • Laurence L.
    10/13/2020 12:13

    Ben oui ça me fait penser à Anthony

  • Eiléma B.
    10/13/2020 07:26

    regarde man

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