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Un appel pour plus de moyens dans l'hôpital public

9 jours après sa naissance, leur fils Élias est décédé. Pauline et Saïd racontent leur histoire, et lancent un appel pour dénoncer le manque de moyens dans l'hôpital public.

Des bébés d’Île-de-France hospitalisés à des kilomètres de chez eux

Il y a trop peu de pédiatres dans la région pour faire fonctionner les urgences correctement, alertent deux parents dont le bébé est mort en réanimation. Ils lancent une pétition.

Faute de lits et de praticiens, des nourrissons sont transférés hors de Paris, voire hors d’Île-de-France. Pauline et Saïd ont vu leur enfant mourir. Ils racontent leur histoire.

« Une souffrance qui ne semble pas être entendue par la ministre »

Les médecins nous ont accompagnés jusqu’au bout. Sans eux, vraiment, on n’aurait pas pu dire au revoir à notre bébé comme on l’a fait. En fait, quand ils ont compris qu’ils n’allaient pas pouvoir sauver notre fils, c’était dur pour eux aussi.

Ils ont l’impression de ne pas y arriver, d’être dépassés. À aucun moment on ne s’est posé la question de savoir si notre enfant était bien pris en charge. Mais on a appris récemment qu’en fait, ce n’était pas le cas pour tous les enfants. Voilà ce qui nous a heurtés. Si on nous avait dit que notre gamin devait être transporté ailleurs faute de place, on serait devenu fous.

Les équipes ne disent pas qu’elles ont enchaîné des gardes parce qu’il manquait une infirmière, et qu’une infirmière a dû enchaîner deux gardes dans la semaine. Elles continuent à faire le maximum. Derrière, il y a une souffrance qui s’exprime autant que possible mais qui ne semble pas être entendue par la ministre. Et puis il y a une inquiétude. Des médecins nous disent qu’ils ont peur de pas pouvoir remplir leur mission, de ne plus être en mesure de faire leur travail pour répondre à la vocation qui est la leur, et qui préfèrent démissionner de l’hôpital public plutôt que de mettre en danger leurs patients.

Des bébés transportés à une trentaine de kilomètres

On a reçu de nombreux témoignages depuis qu’on a publié lancé notre pétition sur change.org, « Sauvons la réanimation pédiatrique : l'appel des parents ». Par exemple, c’est un enfant de six semaines qui est en situation de détresse : pas de place à Paris, mais ses parents habitent à Paris. Il est donc transféré à Poissy, à une trentaine de kilomètres. Mais à Poissy, son cas s’aggrave. On ne peut pas le soigner en réanimation, alors il est transféré à Orléans. 

Qu’est-ce que c’est que de transporter un enfant d’un point A à un point B lorsqu’il est en situation de réanimation ? Je vais vous parler tout simplement de l’exemple de notre fils, Élias. Il est né aux Bluets et il a été transféré immédiatement à Trousseau. Les Bluets et Trousseau, c’est mitoyen. Si on avait dû le transférer dans un autre hôpital, il n’aurait jamais survécu au trajet. Cela pour une raison simple : une fois qu’il a été posé dans sa couveuse à Trousseau, c’était impossible de le bouger, il n’était plus en état. Il était trop fatigué. À un moment, il fallait lui faire un examen et le faire descendre de deux étages en ascenseur. C’était impossible. Les médecins nous ont dit : il ne supportera pas le trajet.

« Notre système de santé est en train de s’effondrer »

Autre exemple : au Mans, un service ferme. À Tours, deux lits devaient rouvrir en janvier. Ils ne peuvent pas rouvrir parce que l’hôpital ne parvient pas à recruter des infirmières. Et pour des raisons de sécurité, une infirmière ne peut s’occuper que de trois enfants au maximum. Ce que nous craignons aujourd’hui, c’est que notre système de santé soit en train de s’effondrer sous nos yeux. 

Nous, on croit encore à l’hôpital public. D’ailleurs, moi, je vais accoucher dans quelques semaines à Trousseau parce que je sais que je vais trouver les meilleures équipes. Il y a quand même de l’espoir, mais il faut se bouger. C’est à Trousseau que notre fils Élias est parti, et c’est à Trousseau qu’on va de nouveau donner la vie.

01/10/2020 8:01 PMupdated: 01/16/2020 4:10 PM
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241 comments

  • Carmen V.
    16 hours

    Bonjour j e suis avec vous il faut que nos hôpitaux puissent bénéficier de touts ls technologies et que le personnel s soignant soit représenté dignement en nombre suffisant afin de pouvoir travailler sereinement bon courage à vous et que le ptit être qui va venir apporte du bonheur dans votre vie ❤️❤️❤️

  • Fabienne H.
    2 days

    😳😲

  • Charlotte G.
    3 days

    Ces parents qui ont pourtant vécu le plus gros drame de leur vie, ont tout compris de la situation actuelle des hôpitaux publics en France et du système de santé français qui s’effondre. Merci à eux pour leur soutient et le message qu’ils véhiculent 🙏🏻🏥.

  • Frédérique V.
    3 days

    Comme pour les enfants et les personnes âgées

  • Vanessa B.
    4 days

    Bonjour et MERCI pour votre témoignage rempli d espoir🙏🙏👍👍

  • Marie C.
    6 days

    Merci à ces parents de témoigner et de soutenir les combats des soignants

  • Marie H.
    6 days

    En dépit de la douleur que vous devez traverser, vous soulever une triste réalité dans les hôpitaux publics, merci pour votre témoignage. Toutes mes pensées vous accompagnent .. 🙏🏻✨👼🏻

  • Rvll G.
    6 days

    ça relance le débat !

  • Lydie T.
    7 days

    c’est Saïd

  • Jean-Michel D.
    7 days

    Nos hôpitaux sont gérés par des épiciers 😤

  • Luisa C.
    7 days

    Je partage si on donné les moyens au hôpitaux beaucoup de vies serait sauvées bravo aux médecins aux infirmiers aux aides soignants respect malgré les enchaînements d’heures et de paies qui pour moi sont honteuses. Ils méritent la legion d’honneur bravo à toutes ces personnes

  • Sylvie G.
    01/14/2020 22:47

    https://www.francetvinfo.fr/sante/soigner/crise-des-urgences-l-hopital-bichat-a-reussi-a-desengorger-ses-services_3609913.html

  • Vincent M.
    01/14/2020 21:04

    je crois que tu suivais aussi son histoire

  • Rose N.
    01/14/2020 20:50

    Merci à vous 🙏rip a votre loulou petit ange🥰

  • Vevette L.
    01/14/2020 14:55

    Signé ptg

  • To M.
    01/14/2020 11:15

    Pour les infirmières, la rémunération n'est pas neutres, elles arretent souvent en début de carrière car, le rapport entre le salaire et la difficulté du métier... est disproportionnée. On peut également cités les aides soignantes payés au SMIC... pour la pluspart.

  • Julie S.
    01/14/2020 10:17

    Merci pour votre témoignage. Nous avons vécu la même chose pour notre fille décédée à la naissance et le service de diagnostic prénatal de Trousseau a été formidable. Nous avons été très entourés et soutenus... Notre service public tient parce qu'on a des medecins, sages femmes, infirmières et aides soignantes qui ont la foi et qui se débattent au quotidien

  • Marie-Pierre M.
    01/14/2020 09:57

    Malheureusement l'effondrement de ce système, comme d'autres d'ailleurs, bien qu'évident, ne semble pas toucher les individus égoïstes que nous sommes en train de devenir... Chacun ne pense qu'à lui et ce n'est que lorsqu'il est directement concerné que l'Homme réagit semble-t-il... Nous avons la chance d'avoir les moyens d'être soigné efficacement mais il est évident que cela risque de ne plus être le cas et ce dans une indifférence coupable. Ces parents sont exemplaires et courageux.

  • Serge G.
    01/14/2020 09:48

    Il faut faire attention avec qui on veut faire sa vie '' l'islam est pas compatible avec notre culture la France est un pays chrétien '' et nous avons pas les mêmes règles de vie '' en France les femmes vont chez le docteur seule se font suivre régulièrement si il faut font faire des analyses des radios nous en France les femmes utilisent les moyens de contraception pas comme celles qui sont sous la religion musulmane .. par contre dans les hôpitaux les cliniques il manque une bonne rénovation des bâtiments pour les mettrent aux normes . Il manque 1/3 du personnel pour bien faire fonctionner ces endroits et il faut mieux rémunéré le personnel .. stop aux fraudes de toutes sortes à l'assurance maladie stop d'avantager les riches il faut aider le peuple pour le bien être de tous

  • Marion N.
    01/14/2020 08:38

    Au Mans ce sont des pédiatres reanimateurs qu'il nous faut. On a tout le matériels et le plateau technique nécessaire pour la prise en charges mais faute de pédiatre nous risquons de perdre le niveau 3... Ce qui aura pour conséquence de faire au minimum 1h de route pour transférer nos patients et leur parents auront à subir ces trajets quotidiens...