17 octobre : l'IGPN enquête au sujet d'un photographe blessé par une grenade policière

Crédit : Reuters
Le parquet de Paris a indiqué samedi avoir ouvert une enquête confiée à l'IGPN, la "police des polices", concernant un photographe grièvement blessé par un "tir de grenade" policière lors de la manifestation du 17 octobre à Paris.
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Le parquet a expliqué avoir ouvert cette enquête après avoir été informé par l'avocat de la victime de "blessures graves à son endroit (...) ayant conduit à son hospitalisation".

L'enquête est ouverte des chefs de "violence par une personne dépositaire de l'autorité publique, suivie de mutilation ou infirmité permanente, lors de manifestation sur la voie publique". 

Elle "est ouverte parallèlement à la plainte avec constitution de partie civile déposée par l'avocat auprès du doyen des juges d'instruction pour les mêmes faits, afin d'éviter toute déperdition des preuves", a précisé le parquet.

"Il a failli mourir"

L'avocat, Me Arié Alimi, a expliqué à l'AFP avoir déposé cette plainte jeudi pour "tentative d'homicide volontaire" après que Ahmed B., 25 ans, a été touché à "l'artère fémorale" par un "tir de grenade" policière le 17 octobre. 

"Il a failli mourir. Les policiers ne l'ont pas secouru en le laissant se vider de son sang sur le trottoir", a affirmé Me Alimi.

La plainte dénonce également des "violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, commises en réunion, par personne dépositaire de l'autorité publique, avec usage d'une arme" et une "complicité de tentative de meurtre par instigation".

"Je regrette que le parquet de Paris ait dans un premier temps refusé toute communication et rejeté l'ouverture d'une enquête préliminaire. Cette nouvelle qualification (juridique, NDLR) a pour seule vocation à protéger le préfet de Paris et le ministre de l'Intérieur", a réagi samedi Me Alimi, sollicité par l'AFP, alors que l'enquête n'est pas ouverte pour tentative d'homicide volontaire.

"Les vols de lait en poudre semblent plus graves pour eux que la mutilation et la mort d'enfants et de manifestants", a-t-il ajouté.

"Il y aura d'autres mutilés et peut être des morts liés à ces grenades explosives. Désormais, le parquet de Paris en sera comptable", a-t-il aussi affirmé.

"Toujours en soins intensifs"

Ahmed B., venu à Paris pour documenter la manifestation, a été "victime d'un tir de grenade par un policier" place de la République, selon la plainte.

Le photographe, qui "perdait plus d'un litre de sang", selon son avocat, a été transporté par des manifestants jusqu'à une ambulance, qui l'a acheminé à l'hôpital. 

"Opéré en urgence, pendant plus de trois heures", il a été "sauvé in extremis", selon la plainte. Il est "toujours en soins intensifs, sans qu'il soit possible de savoir s'il conservera l'usage de sa jambe", peut-on encore lire dans la plainte.

Vendredi, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a indiqué que huit enquêtes avaient été ouvertes par l'IGPN pour des faits survenus lors du weekend du 17-18 octobre.

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