Investissements et retombées économiques
Selon l'annonce faite à l'Élysée, 6 milliards d'euros seront investis pour la création de trois parcs à thèmes à Cergy-Pontoise, à 35 kilomètres au nord-ouest de Paris, par Qiddiya Investment Company (QIC), société détenue par le fonds souverain de l'Arabie saoudite.
QIC évoque un site accueillant plusieurs parcs, intégrant des hébergements, des équipements culturels et sportifs, mais aussi des logements sociaux ou étudiants.
L'un des parcs pourrait être consacré à l'univers Dragon Ball, selon l'Elysée. QIC préfère parler de discussions en cours avec de grandes marques internationales détentrices de licences. En Arabie saoudite, QIC développe Qiddiya City, une ville nouvelle avec le premier parc à thème Dragon Ball au monde, mais aussi un parcours de golf ou un circuit de vitesse.
"Avec 6 milliards, l'investissement initial est conséquent", souligne Vincent Philippe, fondateur de Funfair City, observatoire dédié aux loisirs et au divertissement en ville. L'expert du secteur note toutefois que les contours du projet demeurent flous. "Il faut un effet d'annonce très fort pour ancrer le projet. Ensuite, dans dix ans, il peut être tout à fait différent".
Le site doit permettre la création de 22.000 emplois directs. A titre de comparaison, Disneyland Paris a environ 20.000 employés.
Projet à long terme
Le chantier va s'étaler sur plusieurs années, sans calendrier défini à ce stade. Car faire naître un parc de loisirs prend du temps. The Walt Disney Company avait ainsi annoncé en 2018 son extension consacrée à l'univers de la Reine des neiges, qui a ouvert fin mars 2026, pour un investissement de 2 milliards d'euros.
"Beaucoup de grands projets, d'infrastructures sont souvent contestés avec des recours, des manifestations", souligne Vincent Philippe. "Il y a forcément une étape réglementaire très importante qui peut être longue avant le début du chantier."
Fréquentation
Aucun objectif de fréquentation n'a été communiqué. Le parc Astérix (dans l'Oise) a compté 2,9 millions de visiteurs en 2025. Disneyland Paris, qui ne communique pas de fréquentation annuelle, revendique plus de 445 millions de visites cumulées depuis son ouverture en 1992.
QIC table sur une clientèle française et internationale, avec un site accessible en transports en commun depuis la métropole parisienne.
Mais c'est le revenu par visiteur qui s'impose de plus en plus comme critère pour les parcs d'attractions, souligne Didier Arino, directeur général de la société de conseil Protourisme. Et donc les sommes dépensées pour rester à l'hôtel ou se restaurer sur place. Là non plus, aucun détail n'a été donné.
Un nouveau concurrent face à Disney ?
Cette nouvelle offre va-t-elle rogner des parts de marché du Parc Astérix ou de Disneyland Paris ? Pour Didier Arino, ce n'est pas forcément le cas. "Dans le tourisme, c'est la qualité de l'offre qui crée la demande, encore plus pour les parcs à thèmes et les parcs de loisirs", dit-il.
L'expert cite ainsi le zoo de Beauval, qui attire quelque 2 millions de visiteurs dans le Loir-et-Cher, loin des grands centres urbains, pour illustrer la capacité d'un site à créer sa propre demande.
"En Ile-de-France, au cœur de l'Europe, avec ses accès aéroportuaires, ferroviaires, bien évidemment qu'il y a un marché", dit-il.
La clef, explique l'expert, étant de faire revenir les clients. "La règle dans un parc d'attractions, c'est 10-15% de nouveautés chaque année, pour générer 60% de fidèles".
"C'est un secteur intéressant qui a encore des réserves de croissance", abonde Vincent Philippe, qui cite notamment le parc Universal en cours de construction près de Londres.






