Comment va la GenZ ?

Crédits : Marie Messiez et Elisa Mavier / Compagnie de danse En Suspens
Ils ont grandi avec la crise financière de 2008, les attentats, l’urgence climatique, le Covid, l’inflation, la guerre en Ukraine, des conflits géopolitiques permanents... Pour eux, la crise n’est pas une parenthèse, c’est le décor. Selon une étude menée par Elabe pour le Cercle des Économistes auprès de 5 000 jeunes, la génération des 15-29 ans révèle comment cette génération tente de se projeter dans un monde qu’elle perçoit comme fragile.
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“J’ai l’impression de vivre dans un contexte de crise permanent. Chaque année, une nouvelle info inquiétante apparaît. Finalement, le fait que le monde soit en crise perpétuelle devient habituel.”
Carole, 21 ans

3 jeunes sur 10 en souffrance psychologique

30 % des 15-29 ans déclarent souffrir de problèmes de santé mentale de manière permanente ou régulière.

64 % disent s’être déjà sentis seuls.
29 % parlent d’une solitude permanente.

“C’est plutôt un sentiment d’être seule face aux choses, même au monde, avec l’impression que personne ne peut vraiment te comprendre totalement.”
Lucie, 18 ans

La santé mentale n’est plus un sujet secondaire.
Elle est devenue centrale.

La peur d’un monde instable

L’inquiétude dépasse la sphère privée.

38 % craignent de vivre les conséquences d’une guerre sur le territoire français.

“La crise politique en France me fatigue. Elle me préoccupe particulièrement parce qu’elle met à mal notre capacité à vivre ensemble. Pour la première fois de ma vie, j’ai envisagé la possibilité de vivre ailleurs qu’en France pour mon bien-être.”
Matthias, 22 ans

Trois jeunes sur quatre surveillent leur budget en permanence.
Près d’un sur deux redoute de ne pas boucler ses fins de mois.
29 % estiment que leurs revenus ne suffisent pas à subvenir à leurs besoins.

Et sur les réseaux sociaux, la comparaison est permanente :
66 % ont le sentiment de gagner moins bien leur vie que les autres.

“C’est un peu la course à qui a la meilleure vie. Mais je me suis détachée de ça en postant beaucoup moins. Je ne veux pas forcément faire partie de la course.”  Carole, 21 ans

“Les réseaux sociaux ont clairement un impact sur ma santé mentale. À force de scroller, j’ai l’impression de perdre beaucoup de temps et ça me fait vraiment beaucoup de mal.”
Matthias, 22 ans

Entrer dans la vie adulte : le parcours du combattant

Trouver un logement sans CDI ?
67 % disent avoir rencontré des difficultés.

Trouver un premier emploi ?
Accessible, mais stressant.

“Il faut apprendre à encaisser les refus, les échecs, ne pas tout prendre personnellement. Se créer un réseau, persévérer sans se démotiver, c’est dur de garder la tête haute en permanence. Tout devient un peu plus compliqué que pour la génération de nos parents.”
Lucie, 18 ans


Se protéger avant tout

Face à un monde instable, la priorité n’est plus la réussite spectaculaire.

Deux jeunes sur trois préfèrent “une vie calme et sereine” à “une vie à mille à l’heure”.
Près de 6 sur 10 affirment faire toujours passer leur santé avant tout.

Le bonheur n’est plus une question de performance.
C’est une question d’équilibre.

“Je me protège du monde extérieur constamment, j’essaie de me créer des bulles notamment à travers mes proches et dans l’amour que je porte. J’essaye de refuser au maximum le contact avec les systèmes de valeur que je ne supporte plus au quotidien.” Matthias, 22 ans

Défiance politique

Près de 8 jeunes sur 10 jugent les responsables politiques déconnectés de leur réalité.

 “J’ai un peu l’impression que les responsables politiques passent au-dessus de notre réalité. On entend beaucoup de promesses, mais ça n’aboutit jamais.”
Lucie, 18 ans

“Parfois, j’ai l’impression que la société demande beaucoup trop aux étudiants.”
Matthias, 22 ans

La distance est là.
La frustration aussi.

Si les jeunes s’éloignent, c’est parce qu’ils ne se sentent pas représentés.

Une génération qui veut être entendue

Derrière la critique, il y a une attente : être entendus, considérés et pouvoir agir.

“Ça me donne envie de m’engager, de me battre et de manifester face aux injustices. Même si parfois ça peut sembler compliqué ou décourageant, c’est important de ne pas rester passif et de participer à notre avenir et à ce qui nous concerne.”
Lucie, 18 ans

“Je pense qu’on vit dans des cycles perpétuels. Notre génération va devoir relancer un cycle. Et c’est à nous de bien faire les choses.”
Matthias, 22 ans

La génération Z n’est pas désengagée.
Elle est exigeante.

Elle veut des réponses concrètes.
Des décisions à la hauteur des crises qu’elle traverse.

Élevée dans l’instabilité, elle ne rêve pas d’un monde parfait.
Elle veut un monde qui l’écoute.

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