"Nous arrivons à un moment d'instabilité". Emmanuel Macron s'est exprimé ce mardi 20 janvier au Forum économique mondial de Davos, s'inquiétant d'abord d'un monde qui va "plus vers l'autocratie que la démocratie" et des conflits "qui se sont généralisés".
"C'est une guerre sans règle, le droit international est piétiné. La seule règle qui s'applique est celle du plus fort", a estimé le président. "C'est un changement vers un monde sans gouvernance politique, où le multiculturalisme a été détourné." "Quand on regarde la situation, c'est clair que la période est inquiétante."
Réponse aux menaces de Trump
L'Europe dispose d'outils "très puissants" en matière commerciale, et doit les "utiliser" quand elle "n'est pas respectée", a également déclaré Emmanuel Macron en réponse aux menaces de taxes douanières de Donald Trump.
Le président français a dénoncé une "concurrence des Etats-Unis d'Amérique" à travers une politique commerciale qui "exige des concessions maximales et vise ouvertement à affaiblir et subordonner l'Europe". Il a de nouveau invoqué le recours à l'instrument "anti coercition" de l'Union européenne, considéré comme un "bazooka" en cas de guerre commerciale.
"Le respect plutôt que les brutes"
Emmanuel Macron a également dit préférer "le respect plutôt que les brutes", et "l'état de droit plutôt que la brutalité", comme une réponse à la diplomatie de Donald Trump.
"N'acceptons pas un ordre mondial qui serait décidé par ceux qui prétendent avoir la voix la plus forte, ou le bâton le plus fort", a martelé le président français qui s'exprimait en anglais, arborant des lunettes de soleil en raison d'un problème oculaire.
"La France et l'Europe sont attachées à la souveraineté nationale et à l'indépendance, et aux Nations unies et à leur charte", a aussi souligné le président français alors que son homologue américain veut créer un nouveau "Conseil de paix" mondial totalement à sa main. Il a dit vouloir refaire du G7, que la France préside cette année, un "forum pour un dialogue franc" et pour des "solutions collectives et coopératives".
Mais il a aussi déclaré qu'aucune "réunion" du G7 n'était prévue jeudi à Paris, un rendez-vous qu'il avait initialement proposé à Donald Trump -- dans un SMS rendu public par ce dernier -- pour tenter d'aplanir les contentieux transatlantiques qui ne cessent de s'accumuler.
Trump, encore un allié ?
Alors qu'on lui demandait si Donald Trump était encore un allié, le président français a refusé de se prononcer. "C'est à lui d'apporter la réponse. C'est pas tout à fait les comportements qui vont avec", a-t-il toutefois lancé devant des journalistes.
"Je ne suis pas là pour qualifier ou pour commenter. Moi, je suis là pour agir. Je défends l'économie française quand elle est attaquée par des choses qui sont injustes. Je défends une Europe plus forte depuis neuf ans", a-t-il ajouté. On ne doit pas être agressé ou attaqué", a-t-il asséné.








