Le préfet, Etienne Guyot, "saisit le procureur de la République par un article 40 pour signaler les propos islamophobes et xénophobes tenus" par le groupe d'ultradroite, a indiqué la préfecture, confirmant les propos du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, lors des questions au gouvernement.
Un rassemblement de soutien aux commerçants, qui se voulait apolitique, s'est tenu lundi soir place Bellecour "avant l'entrée en vigueur du couvre-feu dans l'hypercentre de Lyon, avec la présence d'élus en écharpe", avait expliqué la préfecture, et s'est dispersé "de manière à (le) respecter".
Environ 500 personnes, selon les organisateurs, s'étaient réunies vers 20H00 après les violences et pillages de samedi, qui ont touché plus de 150 commerces sur la presqu'île de Lyon, dans l'hypercentre. La préfecture du Rhône avait annoncé peu de temps auparavant l'interdiction des manifestations de 18H00 à 21H00 dans l'hypercentre et l'instauration d'un couvre-feu de 21H00 jusqu'à 06H00 mardi.
"Des ndividus identifiés comme appartenant à l'ultradroite"
"Au moment de la dispersion, des individus identifiés a posteriori comme appartenant à l'ultradroite se sont alors constitués en groupe après s'être mêlés de manière insidieuse au rassemblement pour le récupérer", rapportait ensuite la préfecture.
Le préfet "est furieux de cette volonté de récupération", avait-on ajouté.
Selon une vidéo diffusée par le site Lyon Capitale, le cortège d'ultradroite a marché un bref moment en scandant notamment "La rue, la France nous appartient" ou encore "La racaille en prison". Une autre vidéo sur les réseaux sociaux montre la tête du groupe tenant une banderole "Anticasseurs Lyon" et "Doucet démission" (du nom du maire écologiste Grégory Doucet), qui avait été vue accrochée à une grille lors du rassemblement de soutien, et aussi un drapeau tricolore barré d'une croix celtique, symbole de groupuscules d'ultradroite.
Le groupe est ensuite sorti du périmètre du couvre-feu, et s'est dispersé vers 21H en dehors de la zone prescrite, selon les éléments de la préfecture.
"Le préfet du Rhône a réagi vigoureusement" et "engagera une action judiciaire (...) justement pour condamner, dénoncer et réprimer ce qui a été cette manifestation nauséabonde dans les rues de Lyon", a déclaré Laurent Nuñez à l'Assemblée.
Un acte condamné "fermement" par la mairie de Lyon
De son côté, Grégory Doucet a condamné "fermement" l'action du groupe d'ultradroite "et les slogans haineux qui y ont été scandés".
"Alors que Lyon traverse des moments difficiles, nous avons besoin d'apaisement, pas de nouvelles tensions", a déclaré l'élu écologiste dans un communiqué. Il précise avoir redemandé au préfet "d'appliquer le plus rigoureusement les règles de l'État de droit", et avoir "sollicité le ministre de l'Intérieur pour qu'il garantisse l'ordre républicain".
La nuit a par ailleurs été "très calme" durant le couvre-feu qui a été reconduit de 21H00 mardi à 06H00 mercredi, a indiqué la préfecture.







