Incendies en Gironde : "Nous n'avons jamais abandonné Le Porge", affirme le patron des pompiers du département

Marc Vermeulen, à gauche d'Emmannuel Macron. Via REUTERS
Alors que des habitants de ce village sinistré disent avoir été "sacrifiés", au profit d'autres, dans la lutte contre le feu, le patron des pompiers de Gironde s'exprime dans la presse.
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Il l'affirme ce jeudi 6 août dans les colonnes du journal Sud Ouest : "Nous n'avons jamais abandonné Le Porge".

"Oui, il y a eu du mouvement vers Lacanau et Lège", commune de la très chic et touristique presqu'île du Cap Ferret, retrace le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), Marc Vermeulen, dans un entretien avec le quotidien régional. "Mais (un mouvement) de médecins, de camions de carburant, de soutien sanitaire, etc. Il n'y a pas eu de détournement des moyens de lutte contre le feu", martèle le contrôleur général Marc Vermeulen, chiffres à l'appui, reconnaissant que "la manœuvre a pu susciter une incompréhension".

Une vive polémique est née au Porge, commune qui concentre 183 des 240 habitations brûlées : de nombreux habitants estiment avoir été "abandonnés" au profit des stars du Cap Ferret. Un collectif a annoncé son intention de porter plainte.

"Je réponds à la priorité numéro 1 : sauver des vies"

Selon la rumeur, des personnalités sur la presqu'île auraient décroché leur téléphone. "Je ne suis pas mondain, ils n'ont pas mon numéro", balaye le patron des pompiers. "Personne. Rien. Je vais plus loin: je n'ai reçu aucune pression" d'une "quelconque autorité, corps préfectoral ou élu", insiste-t-il.

Alors que les résidents et touristes du Cap Ferret se trouvaient dans un "cul-de-sac", le feu arrivant par le nord, "je réponds à la priorité numéro 1 : sauver des vies", qui "jusqu'à nouvel ordre, ont toutes la même valeur", affirme Marc Vermeulen. La manœuvre ne visait pas à "protéger telle maison par rapport au revenu" de son propriétaire.

"On nous fait un procès injuste"

"Oui, chaque maison brûlée est une maison de trop. J'entends les interrogations", déclare le directeur du Sdis 33. Mais "il n'y a aucune victime dans la population", souligne-t-il, ajoutant que "selon une première étude, 90% du bâti" menacé par l'incendie "a été préservé".

Marc Vermeulen répond aussi aux critiques formulées contre la gestion du départ de feu, le 22 juillet à Saumos. Son déclenchement est signalé à 12H02, les premiers pompiers - parmi 14 groupes prépositionnés dans le massif - interviennent 16 minutes plus tard, appuyés dans l'heure par des moyens aériens (un Dash puis quatre Air Tractor), détaille l'officier.

"On nous fait un procès injuste. Après la mort de nos camarades dans un bois à Mérignac (le 21 juillet), quand j'entends que l'on attend (le feu) sur le bord des routes, j'ai quelquefois du mal à garder mon calme", lâche Marc Vermeulen. "Il n'y a eu aucune consigne de ne pas s'engager dans le massif. L'engagement des pompiers a été total."

"Mais au vu des conditions, le combat était inégal. Aujourd'hui, la forêt est une poudrière", conclut-il.

Ce mégafeu, le plus dévastateur en France depuis 1949, est considéré comme "maîtrisé" mais reste sous surveillance étroite.

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