Face au mouvement lycéen, Nuñez suspend l'usage des grenades assourdissantes

Crédit : REUTERS
L'usage des grenades assourdissantes est suspendu "pour le mouvement lycéen", a annoncé mercredi Laurent Nuñez après notamment qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée à Lens.
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"Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n'a pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire", a expliqué le ministre de l'Intérieur sur RTL. "Uniquement pour le mouvement lycéen, le temps de comprendre ce qui s'est passé."

L'inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de dix-huit enquêtes, a également ajouté le ministre.

Dans un télégramme, daté de mardi et consulté par l'AFP, le directeur général de la police nationale Louis Laugier avait déjà informé ses troupes que l'usage de la grenade assourdissante ASSD, qui pourrait être impliquée dans l'incident de Lens, était suspendu "à titre conservatoire", "le temps que les circonstances de la blessure du jeune homme à Lens soient établies".

 "Armes de guerre"

"Il aura fallu plusieurs enfants mutilés à vie pour que Nuñez renonce à utiliser des grenades contre des lycéens", a réagi le coordinateur national de LFI Manuel Bompard, dont le mouvement est mis en cause par l'exécutif dans les violences autour du mouvement lycéen.

"Il est temps de bannir toutes les armes de guerre des manifestations, d'en finir avec la répression policière et d'écouter les revendications justes de la jeunesse", a-t-il ajouté.

Même son de cloche au PS, où Boris Vallaud a estimé que "ces armes n'ont rien à faire face à une manifestation lycéenne".

"Il est temps d'interdire l'utilisation des grenades et des LBD dans les opérations de maintien de l'ordre", a poursuivi le chef des députés socialistes à l'Assemblée.

Boris Vallaud avait annoncé la veille que son groupe allait déposer une proposition de loi pour que, face à des manifestations impliquant des mineurs, les forces de l'ordre ne puissent plus utiliser d'armes mutilantes ou de "pratiques brutales".

Lundi, lors d'une manifestation à Lens, un lycéen de 15 ans a eu une main arrachée dans des circonstances qui restent encore à déterminer. Une enquête de l'IGPN devra notamment établir si le lycéen a ramassé la grenade, ou si elle a atterri sur lui, et si le tir était réglementaire.

Selon le maire de Wingles, la commune proche de Lens où le jeune homme est domicilié, le lycéen a été amputé de la main gauche et a reçu une greffe.

Depuis le début du mouvement, 6.547 interpellations ont été effectuées, dont 488 pour la seule journée de mardi. Plus de 700 policiers et gendarmes ont été blessés.

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