Menaces contre Amine Kessaci : "je ne me tairai pas"

Crédit : Reuters
Le militant antidrogue Amine Kessaci a réitéré vendredi sa "détermination" à "tenir tête", au lendemain d'une alerte sécurité ayant entraîné son exfiltration avant un meeting électoral à Aix-en-Provence, où il était venu soutenir le candidat d'une union de la gauche.
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Vivant sous protection policière, le jeune militant écologiste, engagé avec le "Printemps Marseillais", coalition de partis de gauche et Ecologistes emmenés par le maire sortant Benoît Payan, a aussi reconnu qu'il pourrait être amené à "faire campagne autrement" mais a prévenu: "je ne me tairai pas".

"Faire campagne, ce n'est pas uniquement aller faire du porte-à-porte, c'est aussi répondre à des sollicitations presse, être sur les réseaux sociaux", a-t-il dit à l'AFP à l'occasion d'une rencontre avec le maire.

"J'irai sur le terrain, on ne m'interdira jamais d'aller" quelque part, a-t-il souligné. "Néanmoins, il faut le faire à raison gardée, en ayant toutes les conditions de sécurité qui soient réunies, sans provoquer qui que ce soit", a reconnu le jeune homme de 22 ans, étudiant en droit.

Jeudi soir, lors d'une conférence de presse précédant un meeting électoral à Aix-en-Provence du député PS et candidat à la mairie Marc Pena, Amine Kessaci avait été exfiltré par ses officiers de sécurité en raison d'une "menace imminente", a-t-il expliqué à l'AFP.

"C'était la première fois", a indiqué le militant, saluant le "sang-froid" et le "professionnalisme" de sa protection.

"Ce sont des choses qui ne sont pas simples à vivre: être jusqu'à trois heures du matin dans un commissariat, ne pas pouvoir dormir chez soi", a-t-il commenté.

"Un défi à la République"

Le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) a indiqué se saisir de l'enquête ouverte à Marseille pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime en bande organisée".

Le 13 novembre, la mort de Mehdi Kessaci, 20 ans, frère du militant, avait bouleversé Marseille. La famille avait déjà été endeuillée en 2020 avec la mort du grand frère Brahim, impliqué lui dans le trafic, et dont le corps avait été retrouvé carbonisé.

"Ce matin je me suis levé, comme le 14 novembre, en me disant que je ne me tairai pas", a lancé Amine Kessaci. "Je veux dire toute ma détermination, toute notre détermination à tenir tête", a-t-il ajouté.

"Cette campagne on va la continuer, Amine ce n'est pas une difficulté, c'est le contraire, c'est de l'espoir, un combat plus grand que nous", a lancé à ses côtés le maire Benoît Payan (divers gauche).

"Le défi qui nous est lancé par les narcotrafiquants, c'est un défi à la République", a déclaré le maire sortant, ajoutant: "La République, c'est bien sûr la police, mais c'est aussi l'éducation, les services publics, le fait qu'un quartier ne soit pas abandonné".

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