Mort d'un cycliste à Paris: l'automobiliste sera bien jugé pour meurtre

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Le conducteur de SUV qui a écrasé à Paris en 2024 un cycliste, Paul Varry, suscitant un vif émoi, sera bien jugé pour meurtre devant une cour d'assises, a décidé jeudi la cour d'appel de Paris, selon la défense de l'automobiliste.
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Après un an et demi d'enquête, une juge d'instruction a ordonné au printemps un procès contre Ariel Marciano pour avoir "percuté volontairement avec son véhicule" le cycliste de 27 ans le 15 octobre 2024.

La défense du conducteur avait fait appel de cette ordonnance de renvoi, soulignant qu'Ariel Marciano, qui avait emprunté la piste cyclable, "n'a jamais eu l'intention de donner la mort". Un appel rejeté jeudi.

"La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a décidé, en dépit de nombreuses expertises matérielles, techniques et même psychologiques de renvoyer Ariel Marciano devant la cour d'assises pour homicide volontaire", ont déploré deux de ses avocats, Mes Sophie Obadia et Fabien Arakelian, dans un communiqué transmis à l'AFP.

"Meurtre sauvage"

"En aucun cas, et cela ressort du rapport d'expertise en accidentologie, passé sous silence, l'automobiliste n'a visé délibérément le cycliste auquel on le voit d'ailleurs porter secours sur la chaussée", ont-ils affirmé, n'excluant pas une saisine de la Cour de cassation.

L'avocat de la famille de Paul Varry a elle salué le rejet de l'appel. "Nous accueillons cette décision avec soulagement car, comme nous l'affirmons depuis le début, il s'agit d'un meurtre sauvage commis par un homme d'une dangerosité extrême", a déclaré Me Yassine Bouzrou à l'AFP.

Dans son ordonnance, dont l'AFP a eu connaissance, la juge d'instruction a estimé que le conducteur, malgré ses dénégations, avait bien tué le cycliste "en lui roulant volontairement sur le corps et en l'écrasant" avec son SUV Mercedes de 2,3 tonnes.

Ce technico-commercial, qui s'était déjà vu suspendre à deux reprises son permis de conduire, n'avait plus que huit points sur 12 au moment du drame.

"Bien qu'elle ait pu n'être que très brève, intervenue dans un contexte de stress lié au retard de l'automobiliste (qui emmenait sa fille chez un ophtalmologue, NDLR), au blocage de son véhicule et à son altercation avec le cycliste" alors qu'Ariel Marciano "était particulièrement mécontent des coups que Paul Varry venait de porter sur son véhicule, cette intention mortelle n'en a pas moins existé de manière certaine", a souligné la juge d'instruction.

Placé en détention provisoire depuis les faits, Ariel Marciano a été brièvement libéré en avril, avant que la justice ne le renvoie en prison.

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