La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a rappelé que plus de “128 balles ont été tirées” sur les habitants de Trappes. Solennelle, elle a instauré une minute de silence suivie d’applaudissements en hommage à Pengo Bossio Wangi, mort dans l’attentat raciste de Trappes. Le vendredi 23 octobre 2026, Kévin T. a tiré à vue sur les habitants de cette ville des Yvelines. Bilan : un mort et sept blessés (dont une fillette de 12 ans).
Passée cette étape, le brouhaha de l’Assemblée a repris, malgré la présence au balcon de la famille de Pengo Bossio Wangi. Le maire de Trappes, qui n'a d'ailleurs pas été invité à s'exprimer, était lui aussi sur place. Si les chefs de groupes parlementaires ont tous rendu hommage à l'homme qui devait devenir professionnel de MMA, beaucoup n’ont pas tardé à reprendre les querelles habituelles avec le gouvernement. Ainsi, Dieynaba Diop, des Socialistes et apparentés, a rappelé que “le racisme n’a pas sa place dans notre pays”. Elle a demandé à “faire taire la parole raciste sur les plateaux de télévision”, tout comme l’avait fait quelques jours plus tôt le maire Génération.s de Trappes, Ali Rabeh, dans les colonnes du Monde.
La gauche quitte les bancs face au RN
En réponse, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé “que le gouvernement travaille sur cette mouvance dangereuse de l'ultradroite”. Ce dernier a par ailleurs été invectivé à de multiples reprises sur les violences du 17 octobre, notamment par la droite. De son côté, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a déploré la division de l’Assemblée nationale lorsque le groupe socialiste a quitté la salle suite à la prise de parole de Sébastien Chenu (président du groupe Rassemblement national). Ce dernier a fustigé un état “impuissant” et “une tension insupportable”, attisée selon lui par le parti LFI.
Celui-ci, par la voix de la députée Nadège Abomangoli, a rappelé que des propos racistes sont déployés “à longueur de journée sur les plateaux télé, par le gouvernement et par le RN”. “Des millions de personnes doivent encaisser cela tous les jours” a-t-elle crié avec crainte. Celui-ci, dans Le Monde, avait énoncé que “le discours (de haine et raciste, ndlr) a fini par pénétrer l’inconscient collectif, et cela donne non seulement une montée en puissance du vote pour l’extrême droite, mais une validation de cette thèse par ceux qui se disent dans le champ républicain.”
Quid de l’actualité
Pour les écologistes, il faut aussi davantage contrôler et sanctionner des chaînes d’opinion comme CNews. “Quand est-ce qu’on se débarrassera des nazillons qui marchent impunément en France ? (...) Vous favorisez les dealers de haine !” invoque le député écolo Steeve Gustave. Accusation démentie par Aurore Bergé, Ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, qui assure “travailler en ce sens avec tous les partis politiques autour de la table”. Elle n’a par ailleurs cessé de rappeler qu’il faut un “universalisme républicain” face aux discriminations.
Autre fait très partiellement évoqué lors de cette session parlementaire : les luttes en cours par les lycéens et contre la vie chère. Quand elles sont évoquées, c’est pour rappeler “la politique répressive en cours” par le gouvernement selon la gauche, ou “l’instrumentalisation en cours par LFI” d'après la droite (UDR). Réponse laconique du chef du gouvernement : “Il y avait avant un délai de décence dans ce pays. (...) vous devez faire corps et ne rien lâcher. Cette ambiance ne laisse rien présager de bon pour les semaines qui viennent”. Sébastien Lecornu ne croit pas si bien dire, alors qu’un nouvel appel a été lancé à manifester pour le 31 octobre et le 5 novembre.
Bilan de cette séance : ce qui se voulait être un “temps de recueillement”, selon la présidente de l’Assemblée nationale, n’a pas duré. Les différends et les sujets disparates n’ont pas réussi à amener à une “union démocratique” voulue par le gouvernement. La conclusion revient au maire de Trappes. Toujours dans le Le Monde, il assurait que “le débat politique n’est pas à la hauteur de la montée des périls. Pour moi, l’atmosphère ressemble aux années 1930”.








