Qu’ont pensé les partis politiques de la réunion à Matignon ?

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Ce jeudi 22 octobre 2026, les partis politiques étaient conviés par le chef du gouvernement Sébastien Lecornu à évoquer les événements du 17 octobre dernier.
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Ils sont arrivés avec des envies d’en découdre, des idées, des propositions ou encore des remontrances contre les dernières décisions du gouvernement. Tous s’accordent sur un point : ils n’ont pas été écoutés. Au cours de cette “réunion technique” de près de trois heures, “des power point ont défilé et nous étions traités comme des élèves à l’école” déplore Marine Tondelier, candidate Les Écologistes à l’élection présidentielle de 2027. 

Officiellement, il était question “du maintien de l’ordre” rappelle la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Le Premier ministre espérait ainsi appuyer le point de vue du gouvernement : la sécurité d’abord. “Force est de constater qu’ils ont aussi failli sur ce point” énonce le candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann. “Ils n’ont pas réussi à maîtriser une manifestation. Nous avions de simples questions à poser, nous n’avons pas été entendus” ajoute-t-il.

Le volet social évincé selon la gauche

Sous le bras du PS et de Place publique, 10 propositions pour faire taire la colère en cours en France (celle des étudiants, des lycéens, et ceux qui luttent contre la vie chère). Dans les dernières remontrances des partis également : l’interdiction de manifester brandie comme une solution par le président de la République ce jeudi 22 octobre. “C’est anti-démocratique, ça en dit long sur la politique actuelle et l’état du pays” estime Fabien Roussel, chef du Parti communiste et candidat à la présidentielle.

Chez les Insoumis, représentés par Manuel Bompard et Manon Aubry, on se plaint d’un manque de considération des demandes. “Cette réunion n’avait aucun intérêt. (...) On ne peut pas faire ça sans parler du volet social et des revendications en cours dans le pays” confie le député LFI. “C’était plus une conférence sur la doctrine du maintien de l’ordre qu’autre chose.(...)  Quand on est au gouvernement, il faut répondre aux Français et les écouter. Ce n’est pas le cas” ajoute-t-il. “Il faut 10 milliards de plus à l’enseignement, et la fin de Parcoursup, voilà ce qu’il faut”, se désole Manon Aubry en appui.

Si les lycéens sont reçus lundi prochain, la gauche est unanime : c’est tard. “C’est un scandale de ne pas avoir de réponses concrètes et claires à ce stade des manifestations” , martèle Fabien Roussel, énervé. On est sorti sans analyse intéressante, là on a rien eu, on sort avec beaucoup de colère“ , a fustigé Marine Tondelier. “Le gouvernement ne fait pas de politique. La politique, c’est entendre les revendications et arriver avec des propositions, ce n’est pas le cas” énonce Raphaël Glucksmann.

Le volet sécuritaire prédominant pour la droite et le centre

Excédé, le patron des Républicains et candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a, de son côté,  claqué la porte au bout d’une heure. Il a demandé trois choses au Premier ministre : “LFI est responsable du climat de tension en cours, il faut l’état d’urgence et il faut décaler la tenue de l'élection présidentielle. Je n’ai été écouté sur aucun de ces points." “Il n’est pas question pour le Premier ministre d’instaurer l’état d’urgence” a rappelé la porte-parole du gouvernement après ce point de plus de trois heures. “On veut juste de l’ordre dans les rues. On ne veut pas les mêmes images que la semaine dernière sur nos écrans”, se plaint le maire d’Angers Christophe Béchu, venu représenter Edouard Philippe pour le parti Horizons.

Du côté de l’extrême droite, on s'intéresse avant tout à la tenue du congrès d’Orléans, qui doit regrouper cadres du parti et militants ce samedi, jour contesté des manifestations. “Nous avons été entendus sur ce point. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter pour la sécurité de samedi”, assure la sénatrice RN Edwige Diaz. LFI a annoncé vouloir tenir une contre-manifestation le même jour, et accueillir ses militants pour lutter contre l’extrême droite.

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