La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé lundi suspendre "les droits d'accès" à l'Assemblée de l'assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, Jacques-Elie Favrot, dont le nom est "cité par plusieurs témoins" dans l'agression mortelle du jeune militant nationaliste Quentin Deranque.
"Sa présence dans l'enceinte de l'Assemblée nationale pourrait entraîner un trouble à l'ordre public", explique la présidence du Palais Bourbon dans un communiqué. Yaël Braun-Pivet "a donc décidé de suspendre, à titre conservatoire et sans préjudice des suites de l'enquête judiciaire, les droits d'accès" de Jacques-Elie Favrot.
"Toute autre mesure susceptible d'être prise ne peut l'être que par son député-employeur", ajoute le communiqué, précisant que la présidente de l'institution est pour sa part "chargée de veiller à la sûreté intérieure et extérieure de l'Assemblée nationale".
Quentin Deranque "est décédé des suites d'une violence inouïe et intolérable", dénonce par ailleurs le communiqué, en condamnant des faits "d'une extrême gravité" sur lesquels "il revient à la justice de faire toute la lumière".
Dimanche, Jacques-Elie Favrot avait indiqué via son avocat Me Bertrand Sayn "dément(ir) formellement être responsable de ce drame". Il s'est déclaré "menacé de mort par l'extrême droite dans tout le pays et en Europe".
Il a également annoncé se retirer de ses fonctions de collaborateur "durant le temps de l'enquête" et se tenir "à la disposition de la justice afin de faire la lumière sur ce drame", avait précisé Me Bertrand Sayn.
Le député LFI Raphaël Arnault, cofondateur du groupe antifasciste La Jeune Garde dissous en juin 2025, avait lui exprimé samedi "horreur et dégoût" après l'annonce de la mort de l'étudiant de 23 ans, et dit sur X souhaiter que "toute la lumière soit faite".
Agressé jeudi soir à Lyon, cet étudiant était selon le collectif identitaire Némésis chargé d'assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes, venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan.
Le collectif Némésis a affirmé que Quentin avait été agressé par des militants antifascistes dont certains issus de la Jeune Garde. Alice Cordier, présidente de Némésis, a désigné parmi les agresseurs Jacques-Elie Favrot.
"Je ne peux pas vous le confirmer. Il n'y a que le parquet qui peut le faire. Mais de ce que je comprends, il y a de nombreux témoignages, notamment de militants de la partie adverse qui le disent. Les investigations sont en cours", a déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur France Inter.
La Jeune Garde a de son côté assuré ne pouvoir "être tenue pour responsable" de la mort de Quentin à Lyon, "ayant suspendu toutes ses activités".








