Suppression des APL, augmentation des taxes… Quelles sont les mesures du budget 2026 qui concernent les étrangers ?

Gettyimages
Le projet de loi de finances de 2026 propose des mesures austères concernant les étrangers en France. Adopté le 2 février 2026 par l’Assemblée nationale, il doit encore passer par le Conseil constitutionnel en juin avant d’être promulgué.
À voir également sur Brut

L’article 30 du projet de loi de finances 2026, qui vient d’être adopté par l’Assemblée nationale, prévoit d’augmenter et de créer des taxes pour les étrangers en France. 

En plus du nouvel examen civique que les candidats à la naturalisation et aux demandeurs de titres de séjour devront passer, le gouvernement compte augmenter les taxes et droits de timbre liés aux titres de séjour. Ils passeront de 55 € à 255 €, soit une augmentation de 200 € par rapport à précédemment pour une demande d’accès à la nationalité française.

Les cartes de séjour et les visas de régularisation, augmenteront eux de 100 €. 

Une nouvelle taxe de 40 € a été ajoutée pour échanger un permis de conduire étranger contre un permis français. Le député LFI Hadrien Clouet dénonce “un budget qui reprend des mesures lepéniste”.  

Suppression des APL

Les aides pour le logement (APL) ont été supprimées pour les étudiants extra-communautaires non boursiers, c’est-à-dire les étudiants étrangers qui ne viennent pas de l’Union européenne, de la Suisse, de la Norvège, de l’Islande ou encore du Liechtenstein. Cette aide représentait entre 100 et 250 € pour chaque étudiant.

Selon Vie Publique, 12 % de l'ensemble des étudiants en France sont étrangers. 

Pour Hadrien Clouet, cette mesure est “décliniste”, elle vise à “chasser les étudiants du monde entier”, “c’est le premier pas pour mettre en place la priorité nationale”, explique-t-il.

Cette décision permettrait d’économiser un peu plus de 200 millions d’euros, soit à peu près 1 % du budget total des APL, selon la commission des finances du Sénat.

Durcissement de l’AME 

Un durcissement des conditions de l’Aide médicale d’État, notamment pour les soins non urgents, a été décidé. Dorénavant, l’accès à ces soins nécessitera un accord préalable de l’Assurance maladie, même pour les bénéficiaires ayant déjà été pris en charge depuis plusieurs mois. Le député les Républicains Nicolas Ray a déclaré, lors d’un débat parlementaire sur le budget en janvier 2026 : “Des mesures d’économies peuvent aussi être prises… Cette dépense a doublé en treize ans, passant de 700 millions à 1,5 milliard d’euros. Nous ne pouvons pas demander à nos concitoyens de faire des efforts si, dans le même temps, nous n’engageons aucune réforme sur l’AME qui concerne des clandestins.”

A voir aussi