Le régulateur avait été mobilisé mercredi par la Haut-Commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry. "J'ai saisi l'Arcom et alerté les ministères de la Justice et de l'Intérieur, ainsi que la plateforme Pharos" de lutte contre la violence en ligne, avait-elle indiqué sur X.
L'Arcom a demandé des explications à la plateforme par courrier et la réponse est en train d'être analysée, a détaillé à l'AFP cette autorité, qui s'est également "rapprochée d'e-Enfance et est en contact avec l'OFAC (Office anti-cybercriminalité) pour examiner les suites à donner".
Bounty.chat "pourrait contribuer à la diffusion de contenus attentatoires aux mineurs, notamment pédocriminels, ainsi que des actes relevant de la sollicitation de mineurs en ligne", soulignait l'Arcom dans son courrier au site, consulté par l'AFP.
Une vingtaine de questions étaient soumises sur la réaction du site à ces contenus et les moyens mis en place pour sa modération.
Coco a été au centre de plusieurs affaires criminelles
Bounty.chat affirme que "la modération et la sécurité sont (sa) priorité". Il "s'inspire grandement de Coco" mais "en y ajoutant de nouvelles fonctionnalités et en se conformant aux lois françaises", est-il assuré sur le site, basé en France.
Comme son prédécesseur, il vante "la simplicité d'inscription, l'anonymat, les salons thématiques et la recherche de (personnes) connectées à proximité par le code postal".
Immatriculé à l'étranger, le site Coco, considéré comme "un repère de prédateurs" par des associations de défense de l'enfance et de lutte contre l'homophobie, et mis en cause dans des guet-apens et agressions, avait été fermé mi-2024 par la justice.
Son fondateur, l'Italien Isaac Steidl, a été mis en examen en janvier dernier à Paris et placé sous contrôle judiciaire.
Coco a été au centre de plusieurs affaires criminelles, dont le retentissant procès des viols de Mazan.
Pendant près de 10 ans, de juillet 2011 à octobre 2020, Dominique Pelicot a assommé sa femme d'anxiolytiques pour la violer et la faire violer par des dizaines d'hommes recrutés via le site coco.fr. Lui et 50 coaccusés ont été reconnus coupables et condamnés le 19 décembre par la cour criminelle de Vaucluse. Dix-sept d'entre eux ont fait appel.