Météo-France : les syndicats dénoncent des "restrictions au droit de grève"

Crédit : Ricochet64 - stock.adobe.com
L'intersyndicale de Météo-France a dénoncé jeudi des "restrictions au droit de grève" dans l'établissement public, en raison de la volonté de la direction d'assigner de manière permanente des prévisionnistes dans les aéroports parisiens.
À voir également sur Brut

Les syndicats SNM-CGT, FO-Météo, CFDT-Météo et Solidaires-Météo ont dénoncé dans un communiqué commun ce projet, "qui supprimerait de fait ce droit constitutionnel aux prévisionnistes des plateformes aéronautiques d'Orly et de Roissy".

Dans les aéroports parisiens, les 14 prévisionnistes qui se relaient sur chaque plateforme pouvaient déjà être ponctuellement assignés à leur poste, les obligeant alors à travailler même en cas de mouvement social. Mais cette assignation doit désormais devenir permanente.  

"Les 28 agents ont tous perdu leur droit de grève", déplore auprès de l'AFP Lionel Althuser, secrétaire général de CFDT-Météo.

"Le point très discutable est le côté permanent de cette assignation. À la limite on peut comprendre qu'en cas d'orage, de grêle, de conditions météo perturbées on demande aux gens de venir mais on a beaucoup plus de mal quand c'est grand beau temps", a-t-il indiqué.

"Nouveau passage en force"

"Les procédures d'assignation se multiplient de manière préoccupante à Météo-France, s'appliquant à un nombre croissant de postes et laissant craindre une généralisation des assignations permanentes", regrettent les syndicats. 

"Des grèves sont attendues au sein de l'établissement pour protester contre ce nouveau passage en force", écrivent-ils, après un précédent préavis qui allait du 24 décembre au 12 janvier.

"L'évolution récemment discutée avec les organisations syndicales porte exclusivement sur la continuité de service en cas de grève pour les aéroports d'Orly et de Roissy, non sur une généralisation des assignations permanentes", a répondu de son côté la direction à l'AFP.

"Afin de garantir un niveau de sécurité élevé et permanent pour le trafic aérien, la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) nous a demandé de garantir la fourniture continue de certaines productions sur Orly et Roissy, ce qui nécessite une organisation permettant d'assurer la continuité de service en cas de grève", a-t-elle fait valoir.

La direction souligne que "ces échanges ont abouti à une nouvelle version des modalités d'assignation, limitant strictement les tâches des agents assignés au seul périmètre demandé par la DGAC pour assurer la sécurité des vols". "Le nouveau mode opératoire entrera en vigueur au 1er février 2026", conclut-elle.

A voir aussi