Lors d'une réunion du Comité social d'administration (CSA) lundi, le ministère de l'Education a détaillé aux syndicats les moyens prévus pour la rentrée et leur répartition par académie, un exercice habituellement mené en décembre, mais retardé cette année du fait de l'absence de budget.
Ces éléments "ont été soumis à ce comité à titre prévisionnel, sur la base de l’actuel projet de loi de finances en cours de discussion et sous réserve de l’adoption définitive de la loi", a indiqué le ministère dans un communiqué. L'Assemblée devrait repousser mardi deux nouvelles motions de censure, ce qui vaudra adoption en nouvelle lecture du PLF, transmis ensuite au Sénat.
Le ministère n'a pas donné plus de précisions dans son communiqué, mais le document transmis aux syndicats, consulté par l'AFP, détaille l'ampleur des suppressions d'emplois annoncées: 2.229 dans le premier degré public (écoles maternelles et élémentaires) et 1.803 dans le second degré public (collèges et lycées).
"Austérité budgétaire assumée"
"Il n'y a rien qui va", a réagi auprès de l'AFP Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE Unsa. "Ce qui est complètement occulté, c'est qu'aujourd'hui, le budget devrait aussi pouvoir permettre de réparer ce que la politique éducative a engendré comme dégâts depuis 2017."
Cette présentation a "confirmé l’austérité budgétaire assumée et les chiffres avancés par le gouvernement lors des discussions au Parlement" de 4.000 suppressions d'emplois, a renchéri la CGT Educ'action dans un communiqué. "Le ministère maintient sa sinistre politique comptable" face à la baisse démographique, a-t-elle regretté.
Dans le premier degré, "le nombre global des suppressions est un choc, mais aussi la répartition, avec des académies particulièrement touchées, comme celle de Lille", a déploré auprès de l'AFP Aurélie Gagnier, secrétaire générale de la FSU-Snuipp, premier syndicat du primaire. "Ça va être sanglant."
Selon le document du ministère, l'académie de Lille perdrait ainsi 265 postes en Equivalents temps plein (ETP) dans le premier degré, celle de Versailles 170, Nancy-Metz 160, la Normandie 153, Nantes 151, Créteil 140 ou Bordeaux 115.
Dans le second degré, "c'est un peu la douche froide", a constaté également Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, avec 190 suppressions d'emplois à Lille, 153 à Rennes, 150 en Normandie ou 140 à Bordeaux. "On savait que la rentrée ne se préparait pas sous de très bons auspices. C'est confirmé."








