Cette manifestation a eu lieu quelques heures après la décision d'une cour d'appel d'autoriser à nouveau l'accueil de demandeurs d'asile dans cet établissement, le Bell Hotel.
Lors du rassemblement, deux membres des forces de l'ordre ont été légèrement blessés, a indiqué la police de l'Essex.
Trois hommes ont été arrêtés. Deux ont été inculpés samedi: l'un est soupçonné d'avoir agressé un policier et l'autre d'avoir conduit en état d'ivresse et roulé à contresens vers un cordon de police. Le troisième homme, arrêté pour des violences, est toujours en garde à vue.
Plusieurs manifestations sont organisées ce week-end au Royaume-Uni devant des hôtels hébergeant des demandeurs d'asile, après la décision de la cour d'appel.
Tensions en Écosse
En Écosse, à Falkirk, des tensions ont eu lieu devant un hôtel où se sont rassemblés des manifestants anti-immigration et des contre-manifestants.
Des rassemblements, parfois marqués par des tensions, ont eu lieu tout au long de l'été devant le Bell Hotel et plusieurs autres établissements dans le pays.
Elles ont démarré après l'inculpation d'un demandeur d'asile, accusé d'avoir tenté d'embrasser une adolescente de 14 ans à Epping, ce qu'il nie.
Cet Éthiopien de 38 ans était arrivé quelques jours plus tôt en Angleterre en traversant la Manche sur un petit bateau.
Mettant en avant les inquiétudes de la population, le conseil local d'Epping avait obtenu de la justice la semaine dernière une injonction temporaire ordonnant au Bell Hotel de ne plus accueillir de demandeurs d'asile.
Mais la cour d'appel a jugé vendredi que cette décision était marquée par "plusieurs erreurs".
Elle risquait notamment d'"inciter ou d'encourager de nouvelles manifestations dont certaines auraient pu dégénérer en troubles autour des centres d'accueil pour demandeurs d'asile".
Selon plusieurs médias, des conseils locaux comptent déposer de nouveaux recours contre ces hôtels.
Mais la décision de la cour d'appel représente un soulagement pour le gouvernement de Keir Starmer.
Plus de 111.000 personnes ont demandé l'asile au Royaume-Uni ces douze derniers mois, un record.
Vers la fin de ce type d'hébergement
Les autorités ont l'obligation d'héberger celles qui n'ont pas de solution d'accueil et 32.059 demandeurs d'asile étaient hébergés dans un peu plus de 200 hôtels à la fin juin.
Le gouvernement a promis de ne plus avoir recours d'ici 2029 à ce type d'hébergement jugé trop onéreux.
Le sujet de l'immigration a dominé l'actualité cet été au Royaume-Uni. L'opposition conservatrice et surtout le parti d'extrême droite Reform UK mettent la pression sur Keir Starmer.
"Si vous traversez la Manche illégalement, vous serez détenu et renvoyé", a écrit le travailliste sur X samedi, dans un message adressé aux migrants.
Un accord conclu avec Paris est entré en vigueur début août : il prévoit le retour en France de migrants arrivés à bord de petites embarcations au Royaume-Uni en échange de l'envoi outre-Manche de migrants se trouvant en France.
Une nouvelle audience est prévue mi-octobre pour décider de l'autorisation ou non d'héberger de manière permanente des demandeurs d'asile à l'hôtel Bell.