Depuis des semaines, l'opposition et le mouvement des "cafards", créé en ligne pour fédérer les colères de la Génération Z, sont mobilisés contre une révision des listes électorales, estimant qu'elle profite au Premier ministre, Narendra Modi.
Samedi et dimanche, les forces de l'ordre ont procédé à des milliers d'interpellations - plus de 20 000 selon la presse locale - pour empêcher les contestataires de manifester dans les rues de la capitale indienne. La contestation a grossi ces derniers jours en fronde généralisée contre le gouvernement ultranationaliste hindou de M. Modi, accusé de dérive autoritaire depuis son arrivée au pouvoir en 2014.
Internet mobile bloqué pour limiter les protestations
Sous l'œil impassible des nombreux policiers déployés, un cortège de plusieurs dizaines de milliers de personnes a défilé au milieu des drapeaux vert, blanc et orange, des pancartes et des slogans jusqu'au siège de la plus haute juridiction du pays.
Tout le week-end, les rues du centre de Delhi sont restées barricadées, la circulation interdite, les transports en commun suspendus et l'internet mobile bloqué pour empêcher le rassemblement de protestation organisé par les "cafards".
Des dirigeants des "cafards" arrêtés
Né en mai, le Parti du peuple des cafards (CJP) a été créé en ligne pour fédérer la colère des étudiants contre le système éducatif, reprenant par dérision le terme de "cafards" utilisé contre les opposants par un juge. Il s'est imposé depuis comme un porte-parole de l'opposition à M. Modi.
M. Dipke et deux autres dirigeants du CJP ont été arrêtés à leur descente d'avion à New Delhi samedi, et retenus vingt-quatre heures en garde à vue. "Modi fait honte à l'Inde", a écrit le chef des "cafards" sitôt libéré, "le pays n'a jamais connu pire couard et pire brute".
Comme l'opposition parlementaire, le CJP a promis de poursuivre la contestation jusqu'au départ du président de la commission électorale.
130 millions de personnes radiées des listes éléctorales
La police n'a pas répondu aux accusations de violences ni publié de décompte des arrestations.
L'opposition et les "cafards" dénoncent la révision dite "spéciale" des listes électorales engagée en 2025 par la commission, et qui a permis de radier quelque 130 millions d'inscrits selon les données des médias.
Lancée pour supprimer les doublons, les décédés et les fraudeurs, la procédure est soupçonnée de viser en priorité les minorités, notamment les musulmans, pour le plus grand bénéfice du parti de M. Modi, semant ainsi le doute sur ses récentes victoires dans des élections locales.
La commission électorale et son président ont démenti toute irrégularité dans la procédure.
La précédente mobilisation des "cafards" en juillet dans les rues de New Delhi a contraint à la démission le ministre de l'Éducation, jugé responsable des fraudes récurrentes aux examens universitaires.







