Les élites économiques et politiques réunies à Davos avaient commencé à faire la queue plus de deux heures avant le début du discours de Donald Trump, et l'affluence était telle qu'il a fallu ouvrir quatre salles de retransmission en plus de l'auditorium de 1 300 places. Même comme cela, tous n'ont pas pu entrer.
Voici quelques déclarations fortes du président américain lors de son discours à la tribune du Forum économique mondial, qui tient sa réunion annuelle dans la station huppée des Alpes suisses.
Sur l'Europe et l'Ukraine
"J'aime l'Europe, et je veux que l'Europe aille bien, mais elle ne va pas dans la bonne direction", a asséné Donald Trump dans son discours
Ce dernier a jugé que c'était à l'Otan et à l'Europe "de s'occuper de l'Ukraine", et pas aux Etats-Unis.
"Qu'est-ce que les Etats-Unis retirent de tout ce travail, de tout cet argent, autre que mort, destruction et des sommes d'argent colossales qui vont vers des gens qui n'apprécient pas ce que nous faisons ? Ils n'apprécient pas ce qu'on fait, je parle de l'Otan, je parle de l'Europe. C'est à eux de s'occuper de l'Ukraine, pas à nous. Les Etats-Unis sont très loin, un grand et bel océan nous sépare. Nous n'avons rien à voir avec ça", a affirmé le président américain.
Sur le Groenland
Donald Trump est aussi venu éprouver la résistance des Européens face à son projet d'acquisition du Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, allant jusqu'à exiger des "négociations immédiates" sur le sujet.
"Le fait est qu'aucune nation ni groupe de nation n'est en position de pouvoir assurer la sécurité du Groenland en dehors des Etats-Unis. Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu'ils l'ont découvert il y a deux semaines au Venezuela", a-t-il affirmé, reprochant aussi au Danemark de faire preuve d'"ingratitude".
"Seuls les États-Unis peuvent protéger cette terre gigantesque, ce morceau colossal de glace, le développer, l'améliorer et faire en sorte qu'il soit bénéfique pour l'Europe et sûr pour l'Europe et bon pour nous. Et c'est pourquoi je demande l'ouverture de négociations immédiates afin de discuter à nouveau de l'acquisition du Groenland par les États-Unis", a-t-il déclaré.
Le président américain a toutefois affirmé qu'il n'utiliserait "pas la force" pour mettre la main sur le Groenland.
"Les gens pensaient que j'utiliserais la force. Je n'ai pas besoin d'utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n'utiliserai pas la force", a-t-il déclaré.
Sur Emmanuel Macron
Donald Trump a ironisé sur le discours d'Emmanuel Macron, prononcé la veille avec des lunettes de soleil en raison d'un problème oculaire, estimant que le président français a "joué le dur à cuire".
"Je l'ai regardé hier avec ces belles lunettes de soleil... Qu'est ce qu'il s'est passé ? Mais je l'ai vu joué le dur à cuire", s'est moqué le président américain.
Emmanuel Macron avait dit mardi préférer "le respect" et "l'état de droit" aux "brutes" et appelé à ne pas "perdre son temps avec des idées folles" dans son discours qui sonnait comme une réponse à la diplomatie de Donald Trump.
Sur les droits de douane
"Avec les droits de douane, nous avons radicalement réduit notre déficit commercial. C'était de l'argent gaspillé. Maintenant, tout le monde est d'accord pour dire que c'était la bonne décision", a assuré Donald Trump. Un accord commercial prévoit des droits de douane de 15% sur les exportations européennes vers les Etats-Unis, mais leur suppression en ce qui concerne les exportations américaines vers l'UE.
Sur le Canada
Donald Trump a déclaré que son voisin canadien "existe grâce aux Etats-Unis", au lendemain du discours du Premier ministre Mark Carney évoquant la "fracture" de l'ordre mondial.
"Le Canada reçoit beaucoup de choses gratuitement de notre part, soit dit en passant. Il devrait aussi nous être reconnaissant, mais il ne l'est pas. J'ai regardé votre Premier ministre hier. Il n'était pas très reconnaissant. Les Canadiens devraient nous être reconnaissants", a déclaré le président américain, lui qui martèle depuis des mois vouloir faire du Canada le 51e Etat américain.
Sur les Etats-Unis
"Les Etats-Unis sont de retour". Le président américain a estimé que son pays-Unis était "le moteur" de l'économie mondiale : "Quand l'Amérique prospère, le monde prospère (...). Quand elle va mal, ça va mal pour tout le monde", a-t-il lancé. Les sondages révèlent un profond mécontentement des Américains sur le coût de la vie, ce qui menace le Parti républicain à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.







