La proposition du patronat (Medef) de créer un contrat à durée indéterminée (CDI) pouvant être rompu plus facilement pour lutter contre le chômage des jeunes "n'est pas à l'ordre du jour" des travaux du gouvernement, a appris l'AFP lundi auprès de Matignon.
"La priorité du Premier ministre, c'est que les négociations des partenaires sociaux en cours sur les ruptures conventionnelles se terminent", a ajouté la même source. "L'urgence est de faire atterrir les négociations".
Syndicats et patronat ont entamé en janvier une négociation, à la demande du gouvernement, pour chercher 400 millions d'économies sur l'indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle. Elle doit se conclure fin février.
Le Medef reste absent par ailleurs de la conférence Travail Emploi Retraites, initiée elle aussi par le gouvernement, qui s'est fixé vendredi un programme de travail jusqu'au mois de juin, pour dégager non pas un accord mais des "points de convergence".
Similitudes avec le CPE
La proposition du Medef a suscité samedi le courroux de la CGT et du syndicat étudiant Unef, qui a brandi la menace d'une "mobilisation massive" contre cette demande patronale.
Selon des documents remis mercredi aux organisations syndicales, à l'occasion d'une autre réunion entre patronat et syndicats, et consultés par l'AFP, le Medef a proposé la création d'un CDI "pouvant être rompu sans motif pendant les premières années", avec "une indemnisation croissante en lien avec l'ancienneté du salarié en cas de rupture".
Ce dispositif comporte des similitudes avec le "contrat première embauche" (CPE), créé en 2006 par Dominique de Villepin alors Premier ministre, qui avait généré une mobilisation historique et amené le gouvernement à le supprimer avant son application.
"Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert" et "réussit à faire pire que le CPE qui avait 2 ans de période d’essai", a réagi samedi la CGT dans un communiqué.
Joint par l'AFP vendredi, le Medef avait indiqué qu'il ne s'agissait pour l'heure que de "nourrir le débat" pour s'attaquer à la problématique des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET).








