La porte-parole du gouvernement verrait "une forme d'incohérence" si le Parti socialiste ne votait pas le budget de la Sécu

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"Il n'y a pas de plan B" à l'adoption par l'Assemblée nationale du Budget de la sécurité sociale (PLFSS), a déclaré dimanche la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, qui verrait "une forme d'incohérence" si les députés socialistes ne votaient pas pour ce texte comprenant la suspension de la réforme des retraites.
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Sans vote positif du PS, ce texte "ne passera pas". Et "je ne saurai pas expliquer aux Français que les socialistes ne votent pas favorablement pour un projet de finance de la Sécurité sociale qui suspend la réforme des retraites. Il y a une forme d'incohérence derrière que, à mon avis, les Français auraient un peu du mal à comprendre", a déclaré Maud Bregeon dimanche sur LCI.

"Il n'y a pas de plan B. (...) Il n'y a pas de loi spéciale possible" sur le budget de la Sécu et "le déficit de la sécurité sociale atteindrait 30 milliards d'euros l'année prochaine", a insisté la porte-parole du gouvernement.

Maud Bregeon a de nouveau exclu que Sébastien Lecornu ait recours à l'article 49.3 de la Constitution, abandonné à la demande des socialistes, mais dont le retour est évoqué à l'Assemblée jusque dans les rangs du PS. "Ca revient pour les parlementaires à fuir leurs responsabilité" qui est de "voter un budget", a-t-elle répondu.

Le président du groupe PS à l'Assemblée, Boris Vallaud, a souligné samedi dans une interview au Parisien que les socialistes ne pouvaient pas "être les seuls" à rechercher le compromis sur le budget, appelant le camp gouvernemental au "ressaisissement".

"Trouver des compromis"

Le vote en séance sur le PLFSS est prévu le 9 décembre. Dans le bloc central, le président de la commission des Affaires sociales Frédéric Valletoux a indiqué samedi que son groupe, Horizons, devrait hésiter entre vote contre et abstention.

"Nous, ce qu'on leur dit, c'est qu'on veut avec eux arriver à trouver des compromis qui permettent de maintenir ce déficit (de la Sécurité sociale) sous les 20 milliards d'euros", a déclaré dimanche la porte-parole du gouvernement.

"Si le projet de loi de finances de la Sécu n'est pas adopté le 9 décembre prochain, on pourra tous constater l'échec des discussions parlementaires" et "je crois qu'à la fin, on est tous perdants", a-t-elle mis en garde.

"Ce sera un budget de compromis qui vise à tenir un an, un an en attendant les élections présidentielles. Voilà, on est tous adultes et capables d'arriver encore une fois à trouver ces compromis-là, dans l'intérêt supérieur du pays", a insisté Maud Bregeon.

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